VIII JUIN
Le huitième jour de juin de l'an 1603, mourut à Krummau en Bohême le Frère Coadjuteur Paul Verg, bavarois, II se préparait au sacerdoce et avait déjà reçu les ordres mineurs, lorsque le désir d'une vie plus humble lui fit solliciter la grâce d'être appliqué aux offices domestiques dans la Compagnie. Toutes les fois qu'il voyait un de ses frères reculer devant un travail plus bas ou plus pénible, il s'en chargeait lui-même avec la plus ingénieuse charité. L'hydropisie, la goutte et d'autres infirmités très douloureuses ne purent jamais le contraindre à l'inaction. C'était sa maxime que plus un religieux est ancien dans la religion, moins il doit penser au repos et, que s'il veut mériter la grâce de la persévérance, il doit mourir en travaillant. Le F. Verg expira saintement à l'âge de cinquante ans ; il en avait passé trente dans la Compagnie.
Litterœ ann. Societ., anno 1603, p. 375. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. % l. 3, n. 159, p. 327.
Le huitième jour de juin de l'an 1792, mourut dans la mission de Dagda en Livonie le P. Colomban Pfeiffer, né à Bingen en
Souabc. Il était professeur au collège de Klagenfurt, et encore jeune Scolastiquc, lorsque parut le bref de suppression de la Compagnie. Deux ans après il partit pour Rome, suivit les cours à l'Université Grégorienne et reçut le degré de docteur en théologie. Il exerçait le saint ministère à l'église des catéchumènes, quand il sentit dans son cœur un irrésistible désir d'aller reprendre parmi les Jésuites de la Russie Blanche le joug aimé de sa première vocation. Il fit à pied la route de Rome à Vienne pour imiter saint Stanislas Kostka, qui avait autrefois parcouru ce même chemin.
A peine arrivé à Pofotsk, il fut chargé d'un cours de droit canon. Quelque temps après, en vue d'une mission dont l'objet est demeuré incertain, il fut envo3'é avec le P. Gruber, le futur Général de la Compagnie, et deux autres Pères à Saint-Pétersbourg à la demande de l'impératrice Catherine II. La mission n'ayant pas abouti, il revint à Polotsk et tourna aussitôt les yeux vers une entreprise apostolique qui lui promettait beaucoup de fatigues, l'évangélisation des populations lettonnes de la Livonie. Après une année de travail pour apprendre leur langue, il alla se joindre aux Pères de la mission de Dagda. Ses progrès avaient été si rapides qu'il fut en état non seulement d'enseigner le catéchisme, de confesser et de prêcher, mais composa même et publia en langue lettonne un recueil de prières en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus. C'est en effet dans le Cœur divin que le P. Pfeiffer puisait son zèle et toutes les vertus des apôtres, l'humilité, la douceur, le mépris de ses aises et un infatigable dévouement aux intérêts spirituels et temporels de ceux qui lui étaient confiés.
Un acte de charité hâta sa fin. Un mal terrible qui le rongeait