‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 287 sur 327 · IX JUIN · texte numérisé non relu

IX JUIN

* Le neuvième jour de juin de l'an 1615, mourut à Krummau le P. Dominique Valesio, du Frioul, appelé le Louis do Gonzague de la Province d'Autriche. Entré à dix-huit ans dans la Compagnie, il se distingua tout d'abord parmi les plus fervents novices, et ne perdit rien de sa piété au temps de ses études. Cependant Dieu le destinait à une perfection plus excellente encore. Réfléchissant un jour sur les progrès qu'il avait faits pendant les huit premières années de sa vie religieuse, Dominique Valesio eut honte de se trouver si loin de ce que demande la sainteté de notre vocation. Les vies de sainte Catherine de Sienne et du bienheureux Louis de Gonzague récemment béatifié, qu'on lisait au réfectoire, lui furent un nouvel et plus puissant aiguillon. Il résolut de se donner sans réserve à Dieu par l'entier sacrifice de lui-même. Cette détermination ne fut pas sans lui coûter de longues et redoutables luttes, dont il ne sortit vainqueur que plusieurs mois plus tard, grâce à une assistance spéciale de la bienheureuse Vierge, le jour même de la Purification.

Dès lors le P. Valesio se dévoua à l'œuvre de sa sanctification avec une générosité et une constance qui ne se démentirent jamais. il prit le bienheureux Louis de Gonzague pour modèle et, à son

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exemple, embrassa la croix. Les mépris du monde et, ce qui est plus pénible, les petites oppositions, les critiques, les railleries de ceux qui vivaient avec lui et n'approuvaient pas sa nouvelle manière d'agir, tout ce qui l'humiliait lui devint aimable, comme il le disait en confidence, à l'égal des plus douces consolations. Il avait véritablement soif de souffrances et d'immolation ; il ne cessait d'importuner les supérieurs pour en obtenir pleins pouvoirs de se flageller et de se tourmenter. Dans sa chambre, dit le P. Nadasi, il n'avait ni lit, ni table, ni chaise ; souvent il prenait son repos étendu sur une croix, afin de mieux ressembler à Notre- Seigneur.

Envoyé à Neisse en Silésie pour y travailler au salut des âmes,

le P. ^'alesio eut la consolation de ramener à l'Eglise romaine un grand nombre de luthériens. La peste s'étant déclarée peu après dans la ville, il se dévoua jour et nuit au service des malades hérétiques et catholiques, et en soignant les corps avec une infatigable charité, il gagna beaucoup d'âmes à Jésus-Christ. Quand le fléau eut disparu, les supérieurs l'obligèrent à prendre quelque repos à Gratz d'abord et ensuite à Krummau. Mais sa santé était trop profondément altérée : après six mois de souffrances continuelles, le P. Valesio alla recevoir la récompense réservée à ceux qui ont donné leur vie pour le prochain. Il n'était âgé que de trente-quatre ans, et en avait passé seize dans la Compagnie.

Surnmar. vitœ defunct. Provinc. Austr. ('Longue notice en trente-cinq chapitres — Archiv. Rom.]. — Alegambe, Heroes et Victiniie, p. 186-230. — Tanneh, Societ. Jesu Apuslolor. imitatr., p. 474-480. — Juvencius, Histor. Soc. Jesu, part, .j» , lib. 16, n. 23, p. 376. — Nxdasi, A/m. (lier, mcnior., 9» j««., p. 306. — Diiews, Fasti..., 9" juii., p. 219. — Pa- TRiGKAM, 9 giugn., p. 56.

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