‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 290 sur 327 · XII JUIN · texte numérisé non relu

XII JUIN

* Le douzième jour de juin de l'an 1734, mourut ù Majence, pendant qu'il y faisait la visite provinciale, le P. Nicolas Pottu né à Kronach dans le diocèse de Bamberg-. Il était l'aîné des quatre fils que Laurent Pottu, son père, avait donnés de grand cœur à la Compagnie ; et quand celui-ci, à l'âge de soixante-douze ans, vint demander à partager le genre de vie de ses enfants, c'est lui, en qualité de Provincial, qui eut le bonheur d'ouvrir au vénérable vieillard les portes du noviciat. Après avoir énuméré rapidement les charges considérables que le P. Nicolas Pottu remplit pendant quarante ans, celles de Recteur, de Maître des novices, de Provincial à trois reprises différentes, d'Electeur aux deux Congrégations générales où furent nommés les Pères Tamburini et Retz, les annales de la Province du Bas-Rhin rappellent l'admirable prudence et charité de son gouvernement, sa dévotion singulière à Notre-Dame du Bon-Conseil et à saint Ignace, son esprit d'oraison, sa merveilleuse dextérité à donner les Exercices spirituels, son humilité et son indomptable énergie au milieu des plus grandes difficultés, enfin son mépris de lui-même et son amour passionné de la croix ; elles terminent par ces mots l'éloge du P. Nicolas Pottu: (.( Multa fecit, plura passus est ; û a beaucoup travaillé, souf-

fert plus encore ; ce qui est le propre des saints. Il s'est montré le véritable fils de saint Ignace, la vivante image de nos premiers Pères, le parfait modèle du supérieur choisi de Dieu, et a laissé la réputation d'un homme tout angélique et d'un saint ». Le P. Nicolas Pottu était âgé dé quatre-vingts ans, il en avait passé soixante-deux dans la Compagnie.

Siimmar. vitse dcfunclur. Provinc. Rheni Infer. — Histor. et Lût. ami. Provint-. Rheni Infer., ann. 1734 (Archiv. Rom.). — Sommeuvogel, Biblioth.. t. 6, /;. 1116.

* Le douzième jour de juin de l'an 1738, mourut au collège académique Saint-Clément de Prague le P. Jules Zvvicker, de Brûx en Bohême. Dès le début de sa vie religieuse, à l'âge de dix-huit ans, il fît paraître une telle maturité de vertu, que son Maître des novices à Brûnn, le saint P. André Mûntzer, comme l'appelle l'annaliste de Bohême, n'hésita pas à lui prédire qu'il remplirait un jour les premières charges de la Province. En effet, le P. Zwicker, après avoir enseigné l'hébreu, la philosophie et la théologie, fut tour à tour, pendant vingt-cinq ans. Maître des novices. Recteur des collèges de Breslau et de Prague, Préposé de la maison professe et Provincial. Son humilité et son incomparable mansuétude puisées à l'école du Sauveur lui gagnaient le cœur non seulement des Nôtres, mais des étrangers. Pendant son rectorat à Breslau, il convertit une multitude d'hérétiques.

Sa maxime était que la perfection religieuse consiste non dans de grandes pénitences, mais dans une fidélité constante à tous les

Page 1