XVI JUIN
Le seizième jour de juin mourut à Brûnn, l'an 1649, dans la maison du noviciat, le P. Adam Gembarzowsky, de Hosenberg en Silésie, fidèle administrateur des biens du collège de Hradisch, au plus fort des dévastations de la Bohème. Le malheur des guerres civiles et religieuses lui donna, pendant près de huit ans, bien des occasions de faire éclater la grandeur de son courage, en face du poignard des hérétiques, aussi bien que son inépuisable charité envers des troupes entières de fugitifs et de mendiants, qui venaient sans cesse frapper à sa porte. A l'approche des principales fêtes, il avait coutume de se retirer au noviciat de Brûnn, pour y passer quelques jours dans la retraite, sainte pratique qui le faisait regarder dans toute la Province comme le vivant modèle du religieux qui sait unir le soin de son ame à celui des affaires temporelles. Le P. Gembarzowski mourut à l'âge de quarante ans ; il en avait passé douze dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t, 5, lib. 5, n. 141, p. 574.
* Le seizième jour de juin de l'an 1714, mourut à Neisse en Silésie le P. Ignace Wassenhoyen, né dans le duché de Juliers, insigne bienfaiteur de plusieurs maisons de la Compagnie et surtout du collège de Trêves. Dans l'enseignement des hautes sciences et le gouvernement de ses frères, il se signala par la solidité de sa doctrine, son intelligence des affaires, son inébranlable constance à en poursuivre l'exécution en dépit de tous les obstacles, et sa tendre charité à l'égard de ceux qui lui étaient confiés.
Au milieu de ces occupations, il ne négligeait pas les intérêts des âmes. Il avait une grâce particulière pour assister les condamnés à mort et les préparer à paraître devant Dieu. Une fois cependant tous ses elforts étaient venus se briser contre l'obstination d'un criminel qui voulait mourir en désespéré. Le P. Wassenhoven ne perdit pas confiance ; il recommanda ce malheureux aux prières des âmes pieuses et à la maternelle protection de la très sainte Vierge, avocate et refuge des pécheurs, et il l'accompagna au lieu du supplice, ne cessant de l'exhorter et d'importuner le ciel en sa faveur. Merveilleuse puissance de la prière ! A peine le bourreau avait-il noué la corde autour du cou de ce misérable, et l'avait-il lancé dans l'espace, que cette corde bien qu'elle fût toute neuve et très forte, i>alidus et noms, se rompit comme si elle avait été tranchée par un couteau, veliit si ciiltro prxcisiis esset. A cette vue, le P. Wassenhoven sentit redoubler sa confiance ; il demanda et obtint pour le coupable si prodigieusement sauvé de la mort un sursis de vingt-quatre heures. Pendant ce temps, il renouvela les assauts de sa charité ; et enfin il eut la consolation d'amollir ce cœur plus dur que le rocher et de le gagner pleinement à Dieu. Le