XXVIII JUIN
* Le vingt-huitième jour de juin de l'an 1608, mourut au collège de Krummau, en Moravie, le F. Martin Schaffner, infirmier. Dans un pays où l'on ne trouvait ni médecin ni pharmacien, il rendit par son dévouement et sa rare habileté les plus précieux services, non seulement aux Nôtres, mais encore aux étrangers. Tout en s'efforçant de soigner les corps, le F. Schaffner n'oubliait pas les âmes. Nombre d'hérétiques et de pécheurs lui durent leur double guérison spirituelle et corporelle. Plus d'une fois même, Notre- Seigneur récompensant ainsi son zèle, le bon Frère vit le retour à Dieu de ses malades presque aussitôt suivi de leur retour à la santé. Une longue course entreprise par un temps affreux pour aller secourir un pauvre hydropique fut la caus e de sa mort ; il fit joyeusement le sacrifice de sa vie, à l'âge de quarante-quatre ans ; il en avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.
Litter. ann. Societ., ann. 1608, p. 539. — Schmcdl, Histor. Provinc. Bohem., t. % lib. 4, n. 19, p. 405; n. 140, p. 509.
* Le vingt-huitième jour de juin de l'an 1683, mourut glorieusement, massacré par les hérétiques, le P. Jean Katunszki, du comté
de Zips en Hongrie. Pendant qu'il se livrait avec un grand zèle aux ministères apostoliques, la peste s'était déclarée parmi les populations des montagnes aux environs de Schemnitz et de Neusohl, et y faisait de terribles ravages. Le P. Katunszki s'empressa de voler au secours des malades ; mais bientôt, frappé lui-même par la contagion, il n'échappa qu'à grand'peine à la mort. Dieu lui réservait un autre martyre, celui du sang. En effet, il fut surpris un jour non loin du collège de Schemnitz par une bande de rebelles hérétiques, qui l'entraînèrent violemment dans une forêt voisine, pour assouvir plus librement sur lui leur fureur. Le serviteur de Dieu se jeta à genoux, fit à Notre-Seigneur l'offrande de sa vie et, présentant ensuite sa tête aux bourreaux, tomba victime de sa foi, à l'âge de quarante-quatre ans dont il avait passé dixneuf dans la Compagnie.
Summar. vitas defunctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.].
* Le vingt-huitième jour de juin de l'an 1709, mourut à Mayence le P. Léonard Hauck, de Bischofsheim-Tauber dans le duché de Bade. Successivement professeur de littérature et d'éloquence, de philosophie et de théologie dogmatique et morale, il atteignit avec une rare perfection la double fin que saint Ignace propose à ceux de ses enfants qui sont chargés de l'éducation de la jeunesse. En même temps qu'il formait ses disciples à la science, il s'appliquait avec un zèle encore plus grand à les former à la piété. Ses exhortations et surtout sa vertu, sa dévotion à la très sainte Vierge,