III JANVIER. — P. MATHIEU ZOLICZ
saint vieillard conserva jusqu'à la fin la docilité, l'innocence et la simplicité du premier âge ; et pour garder plus efficacement son âme contre toute souillure, il ne passait aucun jour sans se purifier dans le sacrement de pénitence. On aurait peine à croire combien l'ombre même d'une faute était douloureuse à son cœur; sa peine la plus vive ici-bas était de ne pas assez aimer Dieu. Peu de jours avant sa sainte mort, Notre-Seigneur daigna lui accorder une grâce ineffable, bien propre à remplir de courage les religieux qui consument leur vie dans l'humble et laborieux ministère de l'enseignement. Le P. Jean Heidelberger se vit tout à coup environné d'une nombreuse légion de petits enfants et de jeunes hommes, d'une grâce et d'une beauté céleste, qui se pressaient autour de lui, comme des fils autour de leur père. C'étaient les anges gardiens des écoliers qu'il avait élevés avec tant de sollicitude ; ils étaient descendus du ciel pour former son cortège et l'accompagner au trône de Dieu.
P. Kropf, s. J., Historia ProvincUe S. J. Gertnanùe Superioris... Augustœ. Vindelicoruni, 1754, t. 5, p. 71. — Patrignani, Menol. 3 genn., p. 32. — Sumniar. vitae defunctor. Provinc. German. Superior., onno 1632 (Arc/u\>. Roni.j.
Le troisième jour de janvier de l'an 1647, le Frère Goadjuteur Mathieu Zolicz mourut au collège d'Iglau, dont il cultivait les terres depuis près de dix-huit ans, priant et travaillant du matin au soir ; il s'animait à la pensée que sa vie se consumait pour ses frères. Son éloignement de la ville ne lui servait qu'à se tenir plus a. g. I. — T. I. — 2.
recueilli et à se traiter plus rudement. Depuis deux années entières les armées suédoises mettaient tout à feu et à sang dans la Moravie ; le F. Zolicz ne quitta jamais son poste ; il savait bien que les Pères du collège n'avaient d'autre subsistance que le fruit de ses sueurs. l\Ième pendant le siège de la ville, il trouvait encore le moyen, avec autant d'habileté que de hardiesse, de leur faire parvenir les provisions ordinaires. Cependant, pour échapper aux périls de la captivité et à la mort elle-même, souvent après les fatigues du jour, il n'avait d'autre retraite que les halliers de la forêt voisine, d'où il entendait les clameurs des ennemis et le bruit de leurs dévastations. Ce fut au milieu des habitants de la campagne, dont il soutenait le courage et la foi par ses exemples et ses exhortations, qu'il fut frappé d'un mal contagieux. Transporté au collège, il succomba peu de semaines après, glorieuse victime de son dévouement pour ses frères ; il était âgé de quarante-six ans et en avait passé dix-huit dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Boheni., part. 4", lib. o, p. 2.5, p. 348,
* Le troisième jour de janvier de l'an 1737 s'éteignit, au milieu des transports d'une sainte joie, le Frère Scolastique Joseph Partz, pendant sa troisième année de philosophie au collège Saint-Clément de Prague. Ses talents naturels et ses progrès l'avaient mis au premier rang parmi ses condisciples ; mais il se distinguait encore plus par son humilité, son obéissance, son inviolable fidélité h toutes les règles. Il aspirait de toutes ses forces à l'honneur de