‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 69 sur 327 · VIII FÉVRIER. P. PHILIPPE JENINGEN · texte numérisé non relu

VIII FÉVRIER. P. PHILIPPE JENINGEN

et souffrir dans sa patrie, lui dit-il, tout ce qu'il avait lui-même fait et souffert dans les Indes. En effet, aucun genre d'épreuves ne semble avoir manqué au P. Jeningen : outrages, calomnies, coups, persécutions et périls de mort, attaques sensibles de tout l'enfer déchaîné contre lui, il eut tout à supporter. Le démon lui dit un jour avec rage : « Je te susciterai autant de maux et d'obstacles que tu vois en hiver tomber de flocons de neige ». Mais l'homme de Dieu recevait du ciel des consolations bien capables de le fortifier. « Je te montrerai que je suis ta Mère », lui dit la très sainte Vierge ; et une autre fois qu'il ressentait une extrême désolation, il reçut de Notre-Seigneur cette bienheureuse assurance : « Je t'aime, mon cher Philippe, et je t'aimerai éternellement ; Amo te, mi P/tilippe, et aniaho te in seterniun ». A différentes reprises, le même Sauveur lui accorda de sa propre bouche le pardon et l'indulgence plénière de toutes les fautes de sa vie ; il lui fit même présent, comme à saint Jean, de son divin Cœur ; et un jour que le saint homme attendait les pécheurs au confessionnal, pour le récompenser de son zèle et de sa patience, Jésus vint l'y embrasser tendrement. Le P. Jeningen mourut à l'âge de soixantedeux ans ; il en avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.

Pergmayr, s. J., Vita Vener. Servi Dei P. Philippi Jeningen S. J... Ingolstadii, 1763. — Summar. vitœ defunctor. Provinc. German. Super, anno 1704 {Archiv. Rom.). — Patrign.vni, Menol., 8 febbr., p. 93. — Menologiuni Sanctor. et viror. illust. S. J. Tyrnaviiv 1730, 8=^ febr., p. 16. — Ménologe allemand, 8 févr., p. 12^''s. — Menologio romano, 1840, 7 febb., p. 16.

Le huitième jour de février de l'an 1725, mourut à Judenburg en Styrie le P. Antoine Mordax, d'une illustre famille de la Carniole. II avait enseigné avec une grande réputation de science la philosophie et la théologie à Klagenfurt, Gratz et Lintz pendant dix ans, et pendant onze autres années avait été chargé de former à la perfection les novices et les Pères de troisième probation. Quelques traits épars de ses vertus, conservés dans le catalogue des écrivains de la Province d'Autriche, justifient la haute opinion que l'on avait de sa sainteté. Attaqué dans sa jeunesse par de violentes douleurs de tête, qui semblaient devoir le rendre inutile à la Compagnie, il demanda en grâce d'être mis au rang de nos Frères Coadjuteurs. Plus tard, supérieur de la maison professe de Vienne, il se réserva le catéchisme des enfants détenus dans la maison de correction. L'hiver, il faisait pieds nus, sur la glace, les stations établies dans le voisinage de la capitale en l'honneur de la Passion. Enfin peu de temps avant sa mort, à l'âge d'environ soixante ans, il se dévoua au service des pestiférés et fit vœu, si le collège de Judenburg qu'il gouvernait alors était épargné, de jeûner tous les vendredis, durant une année entière, au pain et à l'eau.

Stôger, Scriptor. Proviiic. Austr., p. 325. — Sommervogel, Biblioth., t. 5, p. 1305.

' Le huitième jour de février de l'an 1692, le P. Mathias Tanner, de Pilsen en Bohême, mourut saintement dans la maison professe

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