‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 88 sur 327 · XXII FEVRIER · texte numérisé non relu

XXII FEVRIER

Le ving-t-deuxième jour de février de l'an 1656, mourut à Hildesheim le Frère Coadjuteur Henri Werden, né en Westphalie, d'une famille luthérienne, mais gag-né de bonne heure par nos Pères à la foi catholique. Se fatiguer, souffrir et mourir pour Notre-Seigneur, lui paraissait un si beau privilège, qu'il était toujours prêt, la nuit comme le jour, sur le moindre signe de ses supérieurs, à remplir les taches les plus pénibles, à se dévouer au chevet des pestiférés, à entreprendre des courses longues et périlleuses à travers un pays infesté par les hérétiques et les brigands. Plus d'une fois il fut outragé par la populace luthérienne, poursuivi à coups de pierres, jeté à terre et battu si cruellement, qu'à deux reprises il fut laissé pour mort, baigné dans son sang. Mais l'union continuelle de son âme avec le Sauveur par la prière, lui faisait recevoir les traitements les plus indignes, le sourire sur les lèvres, et comme un insigne témoignage de la tendresse infinie de Dieu. Le F. Werden mourut à l'âge de quatre-vingts ans; il en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.

Summar. vitx defunct. Provinc. Rheni Infer. {Archiv. Rom.). — Nadasi, Annus dier. mentor., 22^ febr., p. 107. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 22a febr., p. 72. — Patiugnani, MenoL, 22 febb., p. 207.

* Le ving't-deuxième jour de février de l'an 1G'12, au collèg-e de Gratz dans la Province d'Autriche, mourut le P. Martin Ertmer, de Falkonburg' en Poméranie, insigne par sa dévotion envers; la très sainte Vierge. On conservait chez ses parents un riche anneau sur lequel était gravée une image de la Mère de Dieu tenant son divin Fils entre les bras. D'après une coutume très ancienne, quand un des enfants de la famille voulait la main d'une jeune fille, il lui remettait cet anneau en gage de sa foi. Martin étant l'aîné, sa mère lui avait confié de bonne heure ce bijou afin que le teinns venu, il en disposât en faveur de celle qu'il aurait choisie. Mais ie jeune homme avait d'autres pensées. 11 suivait alors les classes de notre collège de Krummau et faisait partie de la congrégation de la sainte Vierge. Avec cette simplicité aimable et gracieuse que donne l'innocence, il prend l'anneau, et se prosternant devant une image de Marie, il l'offre à la divine Mère, en protestant que son cœur lui appartient tout entier, et ne connaîtra jamais d'autre amour. La Reine des vierges accueillit avec bienveillance l'hommage et les protestations de son jeune serviteur, et en récompense, lui ménagea l'entrée de la Compagnie.

Martin Ertmer vécut moins de vingt ans sous l'étendard de saint Ignace; mais dans ce court espace de temps, il amassa par l'ardeur de sa charité, son obéissance et ses autres vertus, les mérites d'une longue vie. Un jour, pendant qu'il contemplait avec une tendre dévotion l'image de Jésus crucifié, une voix se fit entendre au fond de son cœur ; elle lui annonçait que l'heure de retourner à Dieu était proche. Sur-le-champ, bien qu'il souffrît seulement quelques douleurs de tête, le P. Ertmer prépara et fit sa confession gêné-

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