XXVIII FÉVRIER. P. ANTOINE KLEINBRODT
Mère de Dieu. Ses frères avertis s'empressèrent de l'emporter au collège, et après quelques instants d'agonie, il expira doucement, entre leurs bras, à l'âge de quarante ans.
ScHMiDL, Histor. Proviiic. Bohem., t. 3, lib. 5, n. 143, p. 929 ; t. 4, lib. 2, «. 171, p. 492.
* Le vingt-huitième jour de février de l'an 1718, mourut à Ratisbonne le P. Antoine Kleinbrodt, en très haute réputation de sainteté. Dès son noviciat, il s'était signalé par une si grande ferveur, que ses compagnons, malgré toute leur attention à l'observer, ne pouvaient rien trouver à reprendre en lui. Cette perfection alla toujours croissant. On raconte que, lorsqu'il était régent de grammaire, les fidèles venaient dans notre église pour le voir prier, tant son maintien et l'angélique expression de ses traits les ravissaient et les pénétraient eux-mêmes de respect et de dévotion. Cet amour des choses spirituelles ne faisait qu'enflammer son ardeur pour l'étude. A la fin de sa théologie, il soutint brillamment l'acte public devant toute l'université d'Ingolstadt, et occupa ensuite avec éclat les chaires de philosophie et de théologie. Après huit années d'enseignement, les supérieurs lui confièrent successivement les fonctions de Maître des novices et de compagnon du Père Provincial.
Le P. Kleinbrodt apporta dans ces charges, avec une vertu éminente, une rare connaissance de l'Institut et le plus filial amour de sa vocation. Il s'intéressait à toutes les œuvres de la Compagnie, à ses missions lointaines et à son apostolat dans la Province elle-
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même, à ses tristesses et à ses revers comme à ses joies et à ses triomphes. Ce même amour lui avait inspiré la pieuse pratique de prier chaque jour pour tous les supérieurs, afin de leur obtenir les grâces de conseil et de force nécessaires à un bon gouvernement. Mais surtout le P. Kleinbrodt offrait à tous l'exemple de sa sainte vie ; il était, dit l'auteur de son éloge, la personnification vivante de la règle. Chaque année, à l'époque de sa retraite, il rendait par écrit son compte de conscience à son supérieur, avec la simplicité et l'humilité d'un novice.
Toutes les mortifications lui étaient familières : « Car celui-là, disait-il , mérite h peine le nom de religieux qui laisse passer un jour sans quelque souffrance volontaire » . Il prenait si peu de nourriture que son jeûne pouvait paraître continuel. Son àme, détachée de tout ce qui est périssable et terrestre, aspirait au bonheur de voir Dieu. 11 était à la veille d'être chargé par le Père Général du gouvernement de toute la Province quand il fut emporté en quelques jours par une mort subite. Plusieurs pensèrent qu'il avait demandé cette fin rapide pour échapper à l'honneur qui lui était réservé. Le P. Kleinbrodt était âgé de cinquante ans et en avait passé trente-deux dans la Compagnie.
Patrignani, Menolog., 28 febbr., p. 253. — Sommervogel, Bihliolh., t. 4, p. 1107. — Mederer, Annales Ingolstnd. A'cadem., t. 3, p. 107.