‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 103 sur 362 · XXV AOUT · texte numérisé non relu

XXV AOUT

Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 1607, mourut dans la maison professe de Naples, le P. Luc Pinellt, l'un de ces vaillants et habiles défenseurs de la foi que la Province de Naples prêta si libéralement à l'Allemagne, vers la fin du seizième siècle. Il y soutint de rudes combats, et confondit publiquement les chefs et les docteurs de l'hérésie, dans les principales villes des bords du Rhin et du Danube, non sans courir les plus graves dangers de périr par le fer ou par le poison. Pendant qu'il travaillait à soutenir les fidèles de Cologne contre les séductions de leur archevêque apostat, une bande luthérienne parvint à s'emparer de sa personne et lui fit souffrir durant plusieurs semaines une dure captivité. Mais les ducs de Bavière et de Lorraine se hâtèrent de réunir leurs efforts pour obtenir sa mise en liberté ; et par reconnaissance, le P. Pinclli ne put se refuser aux sollicitations très vives du duc de Lorraine et accepta pour quelque temps une chaire de controverse à l'université de Pont-à-Mousson. Cet homme de Dieu n'était pas moins versé dans la science expérimentale de la vie intérieure et de toutes les vertus des saints, que dans l'art de soutenir les dogmes et la discipline de l'Eglise. Plusieurs de ses ouvrages ascétiques jouissent d'une haute réputation, surtout ceux qu'il a 2i2

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consacrés à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère, ainsi que son traité De la perfection religieuse ; et il y conformait si fidèlement toute sa vie, qu'au moment où il expira, le P. Jules Mancinelli vit son âme s'envoler «lirectement au séjour des bienheureux.

SoTUELLus, Biblioth., p. 556. — dr Backer, Biblioth., !«'« édit., t. 1, p. 571. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napol., t. 3, p. 279 et suiv. — Cellesi, Vîta del P. Giul. Mancinelli, p. 545. — Abram, L'Université de Pont-à-Mousson, édit. Carayon, p. 106. — Verdière, Histoire de V Université d'Ingolstadt, t. 2, p. 47 et suiv.

Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 1614 mourut à Bovino, dans la Province de Naples, le P. Vincent Annecchina, l'apôtre du diocèse de Bovino, où il fit refleurir l'usage assidu des deux sacrements de pénitence et d'eucharistie. Dès ses premiers mois de vie religieuse et durant l'épreuve du pèlerinage, qu'il fit en mendiant, de Naples à Notre-Dame de Lorette, un trait conservé précieusement dans l'Histoire de la Compagnie, montre tout ce qu'il était disposé à faire et t\ souffrir pour sauver des âmes. En traversant un défilé près de Sulmona dans les Abruzzes, il rencontra une troupe de brigands qui dépouillaient les voyageurs et se faisaient même souvent un jeu de l'assassinat. Ses compagnons furent saisis de frayeur ; mais Vincent Annecchina s'approcha sans pàlir des bandits ; et leur offrant ce qu'il pouvait avoir à leur convenance, il les pria d'accepter encore, en l'honneur de la très sainte Vierge, un chapelet, le leur mit au cou de ses propres mains, sans qu'un seul d'entre eux osât refuser, et leur parla ensuite de

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IjBur âme avec tant de ferveur et de charité, qu'ils lui promirent de rentrer au plus tôt en grâce avec Dieu, et de mener désormais une vie chrétienne.

Santagata, Istoria délia Provinc. di NopoL, t. 3, p. 530 et suiv, — Barone, Vita del P. Caputo, p. 404.

* Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 4594, mourut au Collège Romain le P. Jean-Baptiste Alessandri, dont la vocation à la vie parfaite dans la Compagnie fut la récompense d'un acte héroïque, semblable à celui qui avait été autrefois pour Jean Gualbert le principe d'une éminente sainteté. Son frère ayant été tué, il avait résolu de le venger. Un jour, après avoir longtemps cherché le meurtrier, il le rencontra en un lieu où celui-ci ne pouvait se dérober à ses coups. 11 allait le percer de son épée, lorsque le malheureux, se jetant à genoux, lui demanda grâce au nom de Jésus- Christ. A cette invocation, Jean-Baptiste releva son arme, et la remettant au fourreau, il pardonna de tout cœur à son ennemi. Bientôt après, vainqueur du monde comme il venait de se vaincre lui-même, il s'enrôla sous l'étendard de saint Ignace. Il était dans sa vingt-deuxième année.

Bientôt ses rares qualités l'appelèrent aux charges les plus importantes. Après avoir gouverné pendant cinq ans le collège de Pérouse, sa patrie, Jean-Baptiste Alessandri fut chargé au Collège Romain de la direction spirituelle des écoliers. On peut dire, écrit le P. Jouvancy, que dans cet emploi, « il a bien mérité de

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