‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 162 sur 362 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

Le deuxième jour d'octobi^e de l'an IGSO, mourut eu odeur de sainteté le P. Janvier Pisa, Recteur du collège d'Aquila, et victime de son dévouement au service des pestiférés. Sa libéralité envers les malheureux, aussi bien qu'envers les œuvres qui intéressaient la gloire de Dieu, allait jusqu'à la magnificence ; et l'on a lieu de croire que plus d'une fois les aumônes se multiplièrent entre ses mains. Une de ses dévotions était de réunir, les jours de fêtes et surtout aux fêtes de la Compagnie, douze mendiants qu'il nourrissait non comme des pauvres, mais comme les membres et les frères de Jésus-Christ. Trouvant une fois, sur son chemin, un misérable presque nu, il se dépouilla, pour le couvrir, d'une partie de ses vêtements ; dans plusieurs autres circonstances, il se fit un bonheur de jeûner pour céder sa nourriture à quelque aflamé. Car à l'exemple de tous les saints, il était aussi dur pour lui que tendre et saintement prodigue pour les autres. 11 n'usait pas même de lit, dormait tout habillé, sous prétexte de s'essayer à la rude vie de missionnaire, et se flagellait jusqu'au sang.

Un de ses biographes lui donne de plus ce bel éloge, que jamais, dans aucune charge, on n'entendit sortir de sa bouche une seule phrase dont l'expression, ou même la simple inflexion de

voix fît sentir à ses inférieurs l'arrogance du commandement. Dès que les ravages de la peste menacèrent la ville d'Aquila, le saint Recteur sollicita instamment l'autorisation de s'exposer le premier à la mort, pour mieux encourager ses inférieurs par son exemple. Il ne tarda pas à être frappé ; mais au moment où il semblait près de rendre le dernier soupir, une image de saint François Xavier qu'on lui appliqua, le guérit subitement. Il reprit aussitôt son poste de dévouement, et il lui fut donné, presque jusqu'au terme de la contagion, d'ouvrir encore le ciel à une multitude de malades, qui semblaient n'attendre que sa venue pour rentrer en grâce avec Dieu, et expirer en prédestinés. Après sa mort, le P. Pisa se montra tout éclatant de gloire et couronné d'un diadème d'or, à l'un de ses plus chers amis, qu'il enflamma d'une nouvelle ardeur pour le service de Notre-Seigneur ; l'année suivante son corps fut retrouvé sans aucune trace de corruption. Du reste, Dieu l'avait glorifié plus d'une fois, même de son vivant, d'une manière miraculeuse ; car des témoins irrécusables déposèrent solennellement l'avoir vu à l'autel, élevé de terre, avec le visage d'un ange, dans un ineffable ravissement.

Nadasi, Annus dier. memorab., 2^ octobr., p. 201. — Alegambe, Heroes et Victimse charitat., anno 1656, p. 536. — Patrignani, Menologio, 28 ottob., p. 215.

Le deuxième jour d'octobre de l'an 1787, arriva la précieuse mort du P. Louis Centurione, dix-septième Général de la Compagnie. Il fut justement considéré pour l'élévation de son esprit et la rare capacité qu'il déployait dans les entreprises les plus difficiles; mais

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il fut surtout estimo parmi nous, à cause de l'amour très tendre qu'il portait à la Compagnie, et dont il donna des preuves par son zèle à maintenir en elle l'observance régulière, à promouvoir ses ministères et à défendre son honneur. Le peu de durée de son gouvernement et la faiblesse de sa santé ne lui permirent pas d'accomplir tout ce qu'il méditait pour l'utilité et la prospérité de notre Institut. Il supporta l'ennui de ses pénibles infirmités avec un courage invincible, sans se laisser jamais accabler par la douleur, et sans négliger aucune des obligations de sa charge. Il mourut à l'âge de soixante-douze ans, dans les sentiments de la plus grande piété, à Castel Gandolfo, où il s'était retiré pour essayer d'un air plus pur. Bien que sa conscience lui rendît témoignage de sa bonne volonté, il parut cependant éprouver quelque regret à ses derniers moments : c'était de n'avoir pu servir la Compagnie autant et de la manière qu'il l'aurait désiré.

Menologio, Roma 1840, 2 ottob. , p. 124. — Guidée, Méiiol., 2 octob., p. 312. — SoMMERvoGEL, BïbUollièque . . . , /. 2, p. 953.

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