‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 173 sur 362 · VIII OCTOBRE. P. CHARLES REGGIO · texte numérisé non relu

VIII OCTOBRE. P. CHARLES REGGIO

rosilé (les novices à rivaliser de vertu, d'innocence angélique, d'amour de la discipline religieuse ; et pour moi, je n'ai jamais vu une si délicate fidélité à toutes les saintes pratiques, tant d'empressement et d'exactitude à obéir, un si universel oubli de soimême, un renoncement et un mépris si persévérant de toutes les satisfactions humaines, tant de concorde et d'amour fraternel, ni une telle surabondance de la charité de Jésus-Christ ! Que ceux qui en furent témoins expriment, s'ils le peuvent, cette plénitude des joies célestes dont nous étions alors comblés, en nous abreuvant aux sources divines » !

Et Cependant les plus graves périls du corps et de l'âme assaillirent alors bien des fois les enfants du P. Reggio ; mais il les avait remplis d'un courage qui les en fit toujours sortir victorieux. On peut voir dans l'histoire du P. Aguilera, par quelles industries toutes paternelles il sut conserver à la fois la santé, la ferveur et la gaieté des Scolastiques de Palerme, en un temps où la mort de l'un d'entre eux, emporté par une fièvre contagieuse, les avait fait condamner par le magistrat chargé de veiller à la santé publique, à la plus étroite réclusion dans l'intérieur du collège.

Le P. Reggio remplit l'Italie entière de l'éclat et des fruits de son éloquence apostolique. Il se fit entendre tour à tour dans les chaires les plus illustres. Il donnait à Rome depuis plusieurs années la leçon d'Écriture sainte dans l'église de la maison professe au milieu d'un immense concours, lorsqu'il fut tout à coup arrêté par la maladie ; bientôt après, il rendit pieusement le dernier soupir. « Une grande lumière de sainteté vient de s'éteindre », dit le cardinal Bellarmin, en venant prier auprès de ses restes et lui baiser respectueusement la main. Le P. Charles Reggio était âgé de

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soixante-douze ans, et en avait passé cinquante-six dans la Gom-

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le.

Aguilera, Histor. Provinc. Siculœ, t. 2, p. 24 seqq. — Sacchinus, Histor. Soc. Jesu, part. 3a, lib. 8, n. 193 secjq., p. 406. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 1, p. 384. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli^ t. 3, p. 455. — Sotuellus, Biblioth., p. 132. — de Backer, Biblioh., l'^^e édit., t. 4, p. 626. — Mongitore, Bibliolh. Sicul., t. 1, p. 129.

Le huitième jour d'octobre de l'an 1726, dans la maison professe de Naples, s'éteignit de la mort des justes le P. Marc Marto- RELLi, religieux d'une fidélité exemplaire à toutes les règles et d'une perfection consommée ; il se distinguait surtout par une humilité profonde, une charité sincère et une mortification continuelle. A un détachement entier de tous les biens de la terre, il joignait une union intime avec Dieu par le moyen de l'oraison, à laquelle il consacrait de longues heures chaque jour. Dans sa vieillesse, accablé par le poids de la maladie non moins que par celui des années, et ne pouvant plus, selon ses désirs, descendre à l'église, il se traînait avec effort à la chapelle domestique ou à la tribune de l'église, et là il demeurait en prière une grande partie du j^our. Dans ce commerce habituel avec Dieu, le P. Martorelli fut comblé de deux gTclces singulières, celle du discernement des esprits et celle de la prévision des événements futurs. A ces dons s'ajouta celui des guérisons miraculeuses qui s'opéraient en un instant, au contact de sa barrette ou au son de sa voix. Enfin tant de faveurs et de mérites furent couronnés par la patience invincible avec laquelle le saint vieillard supporta les souffrances d'une

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