XXV OCTOBRE
Le vingt-cinquième jour d'octobre de l'an 1637, mourut à Noto •en Sicile le P. Michel Montalto, invité, avant l'âge de quinze ans, par la très sainte Vierge elle-même à suivre Notre-Seigneur •dans sa Compagnie. Jamais il ne perdit le souvenir d'un si grand ibienfait; et pour en témoigner à la Reine du 'ciel sa reconnaissan- <ie, il consacrait, avant et après chacune de ses fêtes, huit jours ^entiers à des exercices extraordinaires de pénitence et de piété. Pendant ses études à Palerme, voyant un grand nombre de nos Pères et Frères malades, il alla s'offrir au Père Recteur pour les servir et les veiller, et remplit assez longtemps ces deux offices, sans y rien trouver de trop pénible pour lui. On remarquait avec admiration, qu'après avoir reçu quelque réprimande fort pénible pour l'amour-propre, il ne s'approchait pas avec moins d'ouverture et de sérénité, dès la récréation suivante, de ceux qui l'avaient traité le plus durement ; tant il les tenait en réalité pour ses vrais bienfaiteurs et amis devant Dieu. Dans son amour pour la pauvreté, à peine laissait-il passer un seul mois, sans se dépouiller de tout ce qui ne lui était pas indispensable ; et s'il avait absolument besoin de quelques objets, il demandait toujours les plus pauvres.
XXV OCTOBRE. P. JKROMR SACCIIERIO. ^iZ^
Ordonné prêtre et appliqué au salut des Ames, le P. Michel Montalto embrassa une vie plus pénible encore. En chaire ou au saint tribunal de la pénitence, il ne laissait jamais son corps sans rpielque instrument de douleur; il se flagellait avec une chaîne de fer toutes les nuits. Après trois ou quatre heures de sommeil pris sans se dépouiller de ses vêtements, et d'ordinaire assis sur une chaise, il revenait à ses entretiens avec Dieu, et ne trouvait pas à ses fatig-ues de plus salutaire délassement. Au reste, il avait fait de la croix la compagne inséparable de toute sa vie. Dès son enfance, il avait jeûné tous les vendredis et les samedis, souvent même au pain et à l'eau, en l'honneur de Jésus souffrant et de sa très aimable Mère. Enfin, dit le P. Jacques Riela, tous ceux qui eurent le bonheur de vivre avec lui, le regardaient comme parvenu déjà au comble de la sainteté, lorsqu'il leur fut enlevé par la mort, à l'âge de trente-neuf ans ; il en avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.
Aguilera, Histor. Provint'. SicuL, t. 2, p. 352. — Nadasi, Arin. dier. memor., 2.5'» octob., p. 24'i. — Drews, Fasti Societ. Jesu, 25» oclob., p. Ml. — Patuignani, Menol., 25 ottoh., p. 285.
* Le vingt-cinquième jour d'octobre de l'an 1733, mourut au collège de Brera, à Milan, le P. Jérôme Saccherio, né à San Remo, également remarquable et par les dons de l'intelligence et par l'innocence de la vie. La précocité de ses talents tenait du prodige. A cinq ou six ans, il résolvait de tête des problèmes très difficiles ; à neuf ans, il suivit un cours de philosophie qui venait de A. I. — T. II. — 5y.
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s'ouvrir à San Remo, et il y fit de tels progrès que son maître lui adressait ses autres disciples pour la solution de leurs difficultés. Sa mémoire n'était pas moins étonnante ; ce qu'il avait lu une fois, il le savait imperturbablement. Professeur de théologie pendant trente-cinq ans à l'université de Pavie , il dictait par cœur toutes ses leçons ; et l'on constatait ensuite que, dans les plus longues citations des saints Pères ou des docteurs de l'Église, il n'avait pas erré d'une syllabe. Aussi pouvait-on le consulter sur presque toutes les branches des connaissances humaines ; il trouvait la réponse à toutes les questions. 11 n'était point avare de ses richesses, et les mettait libéralement au service de ses frères et des étrangers. Sa réputation s'étendait au loin ; le duc de Savoie, Victor-Amédée II, et la République de Venise firent tous leurs efforts pour l'attirer à leurs universités de Turin et de Padoue.
Au milieu de ses succès, le P. Saccherio ne perdait rien de sa simplicité et de son humilité. Ces deux vertus lui étaient chères entre toutes les autres. Profondément reconnaissant des dons qu'il avait reçus de Dieu, il ne comprenait même pas qu'il fût possible d'en tirer vanité. De tous les vices, l'orgueil lui paraissait à la fois le plus injuste et le plus odieux ; il le regardait comme la cause principale de la ruine des âmes; il recommandait aux prédicateurs de lui faire une guerre sans merci et d'exalter au contraire les biens et l'excellence de l'humilité. Personne dans la communauté n'avait moins de prétentions et d'exigences ; et ce qui est le propre du vrai mérite, personne n'avait plus de condescendance et d'estime pour les autres. Comme d'instinct, il prenait tout en bonne part. La candeur de son âme se reflétait dans ses yeux