‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 233 sur 362 · XIV NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XIV NOVEMBRE

Le quatorzième jour de novembre de l'an 1598, mourut au collège de Ferrare le P. Benoit P^lmio, l'apôtre de l'Italie et, au jugement du P. Bartoli, le premier des orateurs de ce pays durant la seconde moitié du XVI*^ siècle, aussi bien que le principal coopérateur de saint Charles Borromée dans la réforme des prêtres et des fidèles du Milanais. Il était né à Parme, et n'avait pas encore achevé ses études à l'université de Bologne, lorsque le P. Jérôme Domenech l'enflamma, par les Exercices de saint Ignace, du désir de se consacrer tout, à Dieu. Dès que notre Bienheureux Père le vit à Rome, il saisit d'un coup d'œil ce que promettaient de gloire à Notre-Seigneur les admirables talents de ce jeune homme, si les vertus des saints leur servaient de couronnement ; il se fit luimême son Maître des novices, et le forma sur le modèle de ses neuf premiers compagnons. Deux ans après, Benoît Palmio partait pour la Sicile, sans avoir encore reçu les ordres sacrés. La première fois qu'il prit la parole en public à Messine, l'auditoire ravi d'admiration le salua par ce verset du saint Evangile : « Beatus venter qui te portavit ! Bienheureux le sein qui vous a porté » ! A Palerme, durant son sermon du Vendredi Saint, un gentilhomme, tristement fameux par sept années de vengeance implacable, A. I. — T. II. — 64. 505

506 MÉNOLOGE S. J. . ASSISTANCE d'iTALIE.

se déclara vaincu, et l'interrompit en s'écriant avec larmes : « Seigneur, je veux tout ce que vous voudrez » ! Mais ce n'étaient là que les préludes de ses triomphes apostoliques, à Venise, à Rome, à Naples, à Gênes, et surtout à Milan, dont il évangélisa le peuple trois années de suite.

La Vénérable Arcangela Panigarola, du couvent de Sainte-Marthe, morte en odeur de sainteté l'année même de la naissance du P. Benoît Palmio, avait appris du ciel que des religieux d'une Compagnie qui n'existait pas encore et porterait le nom de Jésus, apparaîtraient bientôt à Milan, et que par leurs soins les prêtres deviendraient comme des anges autour du trône de Dieu. Or le chef de cette glorieuse troupe devait être le P. Palmio. Bartoli nous a conservé la mémoire de ce qu'il fît pour préparer l'œuvre de la réforme méditée par le grand archevêque, et pour la faire agréer, malgré les insinuations malveillantes de quelques ecclésiastiques, qui osèrent bien la représenter au gouverneur de la ville et au président du Sénat, comme attentatoire, en plusieurs de ses points, aux droits de la puissance civile. Dans des conférences intimes tenues avec Charles Borromée et ces deux seigneurs, le P. Palmio démontra l'inanité des accusations soulevées contre elle ; et les actes de l'assemblée synodale où elle avait été résolue, furent enfin librement publiés.

Le P. Palmio remplit tour à tour les charges de Provincial, de Visiteur, d'Assistant, et le premier de la Compagnie, celle de prédicateur au Palais Apostolique, sous Pie V ; le saint Pape applaudissait à sa noble franchise et voulut l'entendre non seulement pendant le carême , mais tous les dimanches et toutes les fêtes de l'année. Alors le serviteur de Dieu, épuisé par tant de fatigues,

Page 1