‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 237 sur 362 · XVI NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XVI NOVEMBRE

* Vers l'an 1585, mourut le P. Sylvestre Pacifico, insig-ne missionnaire de la Province de Naples. C'était au prix de ses larmes et de son sang qu'il faisait la conquête des âmes. Avant de monter en chaire, il ne manquait jamais de se flag-eller longuement à deux reprises différentes, et dans une ardente prière de conjurer Notre-Seigneur de donner lui-même l'efficacité à sa parole. Le peuple était persuadé qu'il lisait au fond des cœurs, tellement il savait découvrir et dévoiler les plaies les plus intimes et les plus cachées. Le spectacle de sa sainte vie, de sa pauvreté, de son mépris de lui-même, achevait de gagner les pécheurs et de les ramener à Dieu. Sa charité embrassait aussi les misères temporelles. Il avait en faveur des pauvres des accents si pénétrants, qu'en un seul discours, dit son ]>iographe, il recueillait plus d'aumônes que d'autres prédicateurs en un carême entier ; les femmes jetaient à i'envi dans sa bourse leurs bracelets et leurs colliers.

Mais le P. Pacifico soupirait après un autre champ d'apostolat encore plus fertile en travaux et en souffrances ; il demandait depuis longtemps à aller se joindre aux successeurs de saint François Xavier qui travaillaient au Japon. Le P. Aquaviva, qui l'avait eu pour secrétaire à l'époque où il gouveiniait la Province de Na-

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