‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 255 sur 362 · XXV NOVEMBRE. — P. ANDRÉ TERZI · texte numérisé non relu

XXV NOVEMBRE. — P. ANDRÉ TERZI

la seule pensée eût dû être un objet d'horreur, il était assiégé tout le jour au saint tribunal de la pénitence, par une foule de pauvres aflïigés, de pécheurs et d'tlines qui aspiraient à la perfection. Le P. Jules Mancinelli, son pénitent, et le fidèle témoin de son héroïque patience, ajoute que le P. Terzi offrait en sa personne une vive image du glorieux apôtre saint André, suppliant le Sauveur de ne pas le laisser descendre de sa croix avant qu'il eût rendu le dernier soupir.

Quatre jours après sa mort, le Provincial de Naples, jugeant que le serviteur de Dieu méritait une sépulture à part, ordonna d'ouvrir la tombe commune, 6ù il reposait. On vit alors avec stupeur ce saint corps, naguère tout défiguré, rayonnant de fraîcheur et de beauté, ces membres autrefois raides et tordus, redevenus droits et flexibles ; à la nouvelle de ce prodige, la ville de Naples accourut presque tout entière, et put contempler ces restes précieux que la mort avait non seulement respectés, mais qu'elle avait fait comme refleurir, et qui demeurèrent ainsi exposés à la vénération publique douze jours entiers.

Paul de B.vrry, L'année Sainte, 3' part.^ pratiq. 3% p. 344, e'dit. Lyon, 1666. — Patrignatsi, Menol., 27 novenib., p. 193. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 1, p. 398. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 485. — d'Oultreman, Tableaux des personnages signales. . . ., p. 335.

Le vingt-cinquième jour de novembre de l'an 1692, mourut à Florence le P. Lelio Borghesi, noble Siennois, de la famille du Souverain Pontife Paul V, et dont les douleurs et la patience peu- A. I. — T. II, — G9.

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vent soutenir la comparaison avec celles du P. Terzi, mort le même jour soixante-dix ans auparavant. Lelio Borghesi avait d'abord obtenu du P. Vincent Carafîa les missions des Indes ; il venait déjà de se mettre en route, lorsqu'un ordre du saint Général l'atteignit au collège de Florence, lui prescrivant de s'y arrêter et d'y remplir l'ofTice de procureur. Ce fut là sa mission ; elle était d'autant plus pénible, que le collège de Florence se trouvait alors accablé de dettes. Il ne fallut rien moins que le dévouement du P. Borghesi, durant vingt-six années de procure, pour le relever. En demandant les Indes, le serviteur de Dieu avait surtout ambitionné les souffrances de l'apostolat et l'honneur de verser son sang pour Jésus-Christ. Ses vœux furent exaucés d'une manière moins éclatante, il est vrai, mais non moins douloureuse à la nature. Les quatre dernières années de sa vie furent un vrai martyre. Réduit par une attaque de paralysie à ne pouvoir plus se lever, ni môme se remuçr, il contracta bientôt, particulièrement aux épaules et aux reins, des plaies vives sur lesquelles il demeurait sans cesse étendu. De plus les continuels étouffements d'un asthme le contraignaient d'avoir jour et nuit sa porte ouverte au froid pendant l'hiver, et pendant l'été à d'innombrables troupes d'insectes qui le fatiguaient de leur bourdonnement et de leurs piqûres. Enfin la difficulté qu'il éprouvait d'articuler à peine quelques mots, jointe aux occupations de nos Pères et Frères, le condamnait à une solitude forcée, dont ses insomnies prolongeaient encore la tristesse. Un seul remède lui procurait quelque adoucissement, c'était de prendre de temps en temps une tasse de chocolat. Mais craignant d'y trouver trop de complaisance, il supplia son confesseur de la lui faire retrancher, ajoutant qu'il ne voyait plus aucune chose dont

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