‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 278 sur 362 · VI DÉCEMBRE. — • P. LOUIS-MATHIEU PELINGOTTI · texte numérisé non relu

VI DÉCEMBRE. — • P. LOUIS-MATHIEU PELINGOTTI

Litter. ann. Societ., anno 1597, p. 6. — Aguilera., Histor. Provinc. Sicul., t. i, p. 368.

Le sixième jour de décembre de l'an 4616, mourut dans l'île de Ceyian, massacré par les Candiens, le P. Louis-Mathieu Pelin- GOTTi, né dans les Etats de l'Eglise, au village de Sorbolongo, près de Fossombrone. Ses parents vivaient avec peine du fruit de leur travail, et il avait dû dès l'enfance travailler comme eux pour gagner son pain. Cependant il parvint à étudier ; il ouvrit une école dans son pays, et vers l'âge de vingt-trois ans, il fut chargé d'élever à Rome quelques enfants de noble famille. Mais au moment de s'engager dans une carrière plus brillante, il y renonça généreusement, et embrassa la vie religieuse. Deux ans après, il était jugé digne d'aller annoncer la bonne nouvelle aux tribus barbares de Geylan. La Compagnie ne faisait alors que de s'établir dans cette grande île, grâce au zèle du gouverneur portugais, Jérôme d'Azevedo, frère du B. Ignace. Peu de temps après leur entrée dans la ville de Chilao, dans laquelle ils n'avaient pas trouvé plus de sept disciples de Jésus-Christ, les missionnaires en comptaient au moins cinq mille. Bientôt de nouvelles chrétientés se fondaient dans l'intérieur des terres. Le P. Pelingotti évangélisait les néophytes de Matégama, lorsque vers les derniers mois de 1616, une soudaine révolte des idolâtres, secrètement appelés aux armes par les prêtres de leurs faux dieux, éclata contre les Portugais, dans le but d'exterminer avec eux la foi des chrétiens. Surpris sans défense par cinquante indigènes qui feignaient de lui apporter un message de paix, l'intrépide missionnaire, pour prix de

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onze années d'apostolat et de victoires sur le démon, eut la poitrine percée d'outre en outre d'un coup de lance ; puis, comme il se traînait tout sanglant au pied d'une croix voisine élevée en face de son église, il fut achevé par les barbares, et sa tète fut plantée sur une lance devant les portes du lieu saint, pour intimider les adorateurs de Jésus-Christ et servir de trophée aux dieux et aux prêtres de Ceylan. Le P. Pelingotti était âgé de trente-huit ans ; il en avait passé treize dans la Compagnie.

JuvENCius, Histoi'. Societ. Jesu, part. 5^ , lib. 21, §. 9, p. 684. — CoRDARA, Histor. Societ., part. 6a, lib. I, n. 169, p. 61. — Alegambe, Mortes illustres, p. 306. — Patrignani, Menol., 6 dicemh., p. 61. — Nadasi, Annus dier. inemor., 6^ decenib., p. 309. — Drews, Fasti Soc. Jesu, 6=" dec, p. 478.

* Le sixième jour de décembre, l'an 1744, le P. André Zucheri mourut à Padoue en grande réputation de science et de vertu . Après avoir enseigné la philosophie et la théologie au collège de Parme, il fut envoyé à Padoue et remplit auprès du Cardinal Cornaro, évêque de cette ville, et auprès de ses deux successeurs, les fonctions de théologien. C'est alors qu'il publia ses Decisiones patavinœ, qui pour leur clarté et la solidité de la doctrine sont encore aujourd'hui en grande estime.

Au mérite de la science, le P. Zucheri joignit celui des vertus religieuses. La ville de Padoue est redevable à son zèle de plusieurs institutions importantes ; il releva les unes, développa les autres, en fonda de nouvelles ; et parmi ces dernières, on peut

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