‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 289 sur 362 · XII DECEMBRE · texte numérisé non relu

XII DECEMBRE

Le douzième jour de décembre de l'an 4598, mourut dans la petite ville de Patti, sur la côte septentrionale de la Sicile, le P. Jacques Levanto, Génois. Déjà prêtre et profès des trois vœux, il avait eu la faiblesse, après vingt-deux ans de vie religieuse, de vouloir passer dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et le P. Claude Aquaviva ne lui en avait pas refusé l'autorisation. Mais douze ans plus tard, après de longues et pénibles démarches, il obtint de redevenir novice à Messine ; et à l'âge d'environ cinquante ans, il se fît le plus docile et le plus humble des enfants de la Compagnie. Rien n'avait tant de force pour affermir ses compagnons de noviciat dans leur vocation, que l'exemple et les discours du P. Levanto. 11 ne se lassait pas de redire, presque chaque jour, les larmes aux yeux, combien il avait senti, mais trop tard, le bonheur de l'obéissance, et la sécurité des enfants de saint Ignace, tant qu'ils vivent en fidèles compagnons de Jésus.

Appelé peu de temps après sa rentrée parmi nous, à évangéliser le diocèse de Patti, il parut avoir quelque connaissance de sa fin prochaine. Car parlant de la mort du roi Philippe II d'Espagne, arrivée peu de mois auparavant : « Qui d'entre nous, mes Frères,

s'était-il écrié, peut se promettre quinze jours de vie ? Et moi qui vous parle, les aurai-je »? Il ne les eut pas en effet. Mais la paix et la confiance dont il jouit à ses derniers moments, firent croire plus fermement encore qu'il n'avait pas été surpris. Son seul regret était de mourir loin d'une maison de la Compagnie : « C'est une juste punition de Notre-Seigneur, disait-il ; en expiation des années que je n'ai pas voulu vivre parmi mes Frères, il me faut aujourd'hui mourir loin d'eux ». Puis s'adressant à son compagnon : « Je vous en supplie, mon Frère, faites que je ne cesse pas de vous voir, jusqu'à ce que la mort ait fermé mes yeux ; car en vous, c'est du moins un enfant de la Compagnie, ma mère, que je contemple, et sa seule vue me comble de joie ».

Litter. ann. Societ., anno 1598, p. 73. — Nadasi, Ann. dier. memorab., 12» jan., p. 22. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. 1, p. ^11.

Le douzième jour de décembre de l'an 1699, mourut à Foggia le P. Cataldo Pongelli, de la Province Romaine, Substitut d'Italie et ensuite Maître des novices à Rome et à Naples. Une parole d'un de ses surveillants au Séminaire des Nobles, à Rome, fut l'occasion dont Dieu se servit pour achever de le dégager du monde et l'acheminer vers la vie religieuse dans la Compagnie. « Quand donc, s'était un jour écrié le jeune homme en parlant de ses condisciples, quand nous sera-t-il donné de nous retrouver tous en paradis ? — Mon ami, avait répondu le Père, il est bien à craindre que nous n'ayons pas tous ce bonheur ». Trait salutai-

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