‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 302 sur 362 · XVIII DECEMBRE · texte numérisé non relu

XVIII DECEMBRE

Le dix-huitième jour de décembre de l'an 1598, mourut dans la maison professe de Rome le P. Jean-Baptiste Peruschi. Il avait été formé dès ses plus tendres années à l'amour et à la pratique de la vertu par saint Philippe de Néri, qui le donna plus tard comme disciple à saint Ignace. Tout en gouvernant le collège de Florence, la Province de Milan et trois maisons professes, le P. Peruschi ne laissait pas de travailler encore directement au salut des âmes, par le conseil et par la plume. Ce fut ainsi que, à la prière de saint Charles Borromée, il publia son Instruction pour les confesseurs et pour les prêtres. Il y joignit une traduction italienne du beau livre de Jacques Stella Le mépris des vanités du monde., œuvre toute pleine de la doctrine et du suc même des Exercices ; et pour enflammer de plus en plus le zèle apostolique de ses frères, il recueillait et publiait, dans sa vieillesse, les relations des missionnaires sur le Royaume et l'état du grand roi de Mogor. Ne pouvant plus se traîner qu'avec peine, le P. Jean-Baptiste Peruschi suppliait encore ses supérieurs, à l'âge de soixantedouze ans, de lui laisser parcourir à pied les villages, pour entendre les confessions des pauvres paysans et leur faire le catéchisme. Ce qu'il avait à souffrir dans ces courses lui importait peu ; son unique désir était de travailler pour la gloire de Dieu

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et le salut des âmes, jusqu'à son dernier souffle; l'obéissance seule put l'engager enfin, durant les derniers mois qui précédèrent sa sainte mort, à s'accorder un peu de repos.

Litter. ann. Societ. Jesu, aniio 1598, p. 9. — Sotuellus, Biblioth., p. 415. — DE Backer, Biblioth., 1*'^ édit., t. i, p. 549.

* Le dix-huitième jour de décembre de l'an 1736, mourut au Collège Romain le P. Jean Lemesio, né en Corse, près de Bastia. Ses désirs l'emportaient vers la vie apostolique ; mais il en fît volontiers le sacrifice à l'obéissance ; à part douze années consacrées à l'enseignement de la grammaire et de la philosophie, il passa la plus grande partie de sa vie dans les emplois de compagnon de Maître des novices et surtout de Père spirituel, d'abord au Séminaire des nobles et ensuite pendant seize années consécutives jusqu'à sa mort, au Collège Romain. 11 semblait fait pour cet office, écrit le témoin oculaire chargé de recueillir le souvenir des vertus de ce grand serviteur de Dieu : « Je puis affirmer, ditil, qu'il mit en œuvre tous les moyens pour faire des scolastiques de la Compagnie autant d'apôtres, uniquement attentifs à procurer la plus grande gloire de Dieu ». Non content de les animer par son exemple, il ne cessait de prier pour eux ; il les exhortait à se recommander les uns les autres à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère, à faire des neuvaines pour obtenir que l'esprit de ferveur régnât au scolasticat. Suivant une belle expression de son biographe, il était passionné pour eux : à toute heure du jour, ils pouvaient frapper à sa porte ; quand ils se présentaient, il leur ouvrait ses bras, les attirait à lui, d'un air qui semblait dire, ain-

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