‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 4)Chapitre 325 sur 362 · XXV DÉCEMBRE. — P. LOUIS DE' ROGGIERI · texte numérisé non relu

XXV DÉCEMBRE. — P. LOUIS DE' ROGGIERI

toujours dans mon Cœur. Aussi ne puis-je souffrir qu'il se trouve en elle aucun membre atteint de défauts notables. Quand il s'en rencontre quelqu'un, je veux qu'on le renvoie aussitôt de ma Compagnie. Je le permets ainsi pour le bien de ceux qui persévèrent. Sache encore ceci, ma fille : c'est ma volonté que cette Compagnie, qui est toute mienne, garde ce nom autant que vivra le monde ; je veux qu'elle suive mes exemples, et surtout que l'obéissance aveugle y soit en honneur » . Or, dans cette bienheureuse troupe, et parmi les plus tendrement accueillis par Notre-Seigneur, l'Histoire de la Province de Naples raconte que figurait en première ligne le P. Louis de' Roggieri.

Après avoir rempli plusieurs années avec un grand éclat l'office de prédicateur et celui de professeur de théologie, le P. de' Roggieri fut envoyé en Pologne prêter main-forte à nos Pères, qui luttaient contre l'hérésie. Il occupa trois ans la chaire de controverse à Posen, et se rendit bientôt redoutable aux novateurs. Il fut ensuite chargé d'organiser les études au collège de Pultusk. Il venait d'arriver dans cette ville, quand il fut brusquement atteint d'une maladie de poitrine. Sa joie éclata aussitôt de la manière la plus touchante : « 0 mort, quand viendras-tu » ? disait-il souvent ; et il ajoutait avec le Prophète : Qiiando veniam, et apparebo ? Il expira doucement dans le baiser du Seigneur, à l'âge de quarante-cinq ans; il en avait passé vingt-quatre dans la Compagnie.

Lilterse ann. Soc, anno 1602, p. 728. — Schinosi, Istoria délia Provinc. di Napoli, t. 2, p. 375, 377. — Sotuellus, Bihliolh., p. 573. — DE Backer, Biblioth., l^e édit., t. 5, p. 630. — Lancicius, De Prœstantia Instituti Soc. Jesu, opuscul. xvn, p. 160.

680 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.

Dans la nuit de Noël et à l'heure même de la naissance de Notre-Seigneur, mourut au collège de Ferrare en 1620, le P. Sylvio Brunori, vénérable vieillard de quatre-vingts ans, dont on peut dire que depuis bien longtemps le cœur et la conversation étaient dans le ciel. Il avait inventé à cet effet la j^ieuse industrie de l'Horloge ou du jour céleste, dont le P. Jean Nadasi expose en détail le plan et l'application dans Les saintes occupations des agoni-, sauts de la Compagnie. Les vingt-quatre heures de chaque journée ramenaient ainsi pour l'homme, de Dieu le souvenir des. principaux mystères que nous offre le cycle, entier de l'anpée ; et celle où il rendit le dernier soupir était précisément consacrée par Ijai, toutes les nuits, au divin Enfant de la crèche. Aussi expira-t-il plein de joie, s'invitant lui-même par des hymnes, et des cfintiques à partir pour le ciel, où il allait voir face à face Jésus, vrai Fils incarné du Père Éternel et de Marie. . \

Nadasi, Preliosœ occupation, morient, in Societ. Jesu, c. 14, n. 9.

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