XXII JUILLET
Le vingt-deuxième jour de juillet de l'an 1624, mourut dans la fleur de l'âge, à Palerme, le F. Coadjuteur Jacques Amato, victime de sa charité au service des pestiférés. Il recherchait avec une extrême ardeur toutes les occasions de se vaincre pour l'amour de Jésus-Christ. Aux premiers symptômes du fléau qui envahissait la Sicile, il courut se jeter aux pieds de son supérieur, saintement jaloux d'obtenir le poste où se rencontreraient plus de soulTrances et de dangers. Quand il eut succombé dans cet héroïque ministère, on le trouva revêtu du ciliée dont il ne se dépouillait plus, depuis bien des années, parmi ses plus rudes travaux, et que les approches même de l'agonie n'avaient pu lui faire quitter.
Peu après, expira de la même mort, le F. Pierre Gorrodino, sacristain de la maison professe de Palerme, très intimement uni à Notre-Seigneur par la prière. Il avait été instruit une semaine d'avance par révélation, du jour de son départ pour le ciel ; quand il vit le moment approcher, il se prosterna la face contre terre, commença les litanies de la sainte Vierge, et rendit en cette humble posture son âme à Dieu.
82 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE d'iTALIE.
F. Jacq. Amato. — Aguileba, Histor. Provinc. Sicul.^ t. 2, p. 160. — Alegambe, Mortes illust., p. 243.
F. Pierre Corrodino. — Aguileba, Op. cit., p. 161.
* Le vingt-deuxième jour de juillet de l'an 1749, mourut à Masumella, en Sicile, le P. Pierre Giardino, vaillant missionnaire, consumé avant le temps par l'excès de ses fatigues. Après une enfance admirablement pure, il s'était présenté au noviciat dès l'âge de treize ans, et les supérieurs, par inadvertance sans doute, lui avaient ouvert la porte, sans attendre sa quatorzième année. Dès lors aussi, Pierre Giardino n'aspirait qu'à se dévouer au salut des âmes dans les missions de campagne. A peine eut-il terminé les épreuves ordinaires, il entra plein de joie dans la carrière si vivement désirée ; et par sa charité, sa mansuétude, son oubli de lui-même et de ses aises, il y recueillit de grands fruits, et s'acquit la réputation d'un saint.
Mais ses forces ne répondaient pas à l'ardeur de son zèle. Pendant qu'il donnait une mission à Masumella, au plus fort des chaleurs de l'été, il fut atteint d'un mal subit qui parut bientôt mortel. Brusquement arrêté au début de sa course, le P. Giardino s'inclina avec respect sous la main de Dieu et fit joyeusement le sacrifice de sa vie. Trois choses, disait-il, le remplissaient alors d'une très douce consolation : c'était de mourir dans une terre étrangère, au cours d'une mission et enfin dans le mois de juillet, consacré à notre bienheureux Père Ignace. Quelques heures avant de rendre le dernier soupir, s'adressant au P. Jérôme Dolce, son compagnon, il lui demanda s'il n'entendait pas cette harmonie céleste, ces voix qui chantaient si mélodieusement les paroles de