MARS. — P. VINCENT MAGGIO
Mais dans les desseins de Dieu, Vincent devait être surtout l'apôtre et le directeur de la noblesse napolitaine. Son humilité lui avait fait d'abord décliner ce ministère . Quand les plus hauts personnages venaient remettre leur àme entre ses mains : « Je ne suis, répondait-il, qu'un pauvre Goadjuteur spirituel ; votre Seigneurie trouvera sans peine d'autres directeurs plus dignes de sa confiance par leurs lumières et leurs vertus a. Mais les quelques paroles qu'il leur adressait, sur l'amour et le service de Notre-Seigneur, n'enflammaient que plus vivement les Ames du désir d'être dirigées par lui. Les ducs de Bovino, de Nocera, de Monteleone, de San- Marco et beaucoup d'autres, apprirent de lui dans les exercices de saint Ignace et au tribunal de la pénitence, à l'aire régner Dieu seul parmi leurs sujets. Le luxe et l'immodestie scandaleuse des plus grandes dames de Naples disparurent complètement, grâce à l'influence de ses pénitentes. Non contentes de se réduire aux plus sévères exigences de la modestie chrétienne, plusieurs de ces anciennes idoles du monde ne paraissaient plus aux t'êtes de la cour, lorsqu'elles y étaient contraintes, qu'en s'armant d'un rude ciliée.
Les efforts du F. Maggio pour faire aimer Notre-Seigneur lui méritèrent, dès cette vie, des grâces insignes. Jésus, Marie et Joseph vinrent le remercier de son zèle à propager leur culte ; une pêche miraculeuse récompensa la confiance de (juelques pauvres gens, auxquels il avait conseillé, après de longues heures d'un travail inutile, de remettre leurs filets à la mer en invoquant ces noms sacrés. Plusieurs fois aussi, un peu d'eau bénite ou une parole lui suffirent pour rendre la santé à des malades près d'expirer ; mais tous ces honneurs du ciel et de la terre ne faisaient
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que le rendre plus humble. 11 ne put sans horreur s'entendre offrir la dignité d'archevêque de Tarente. L'obéissance seule le retenait à Naples, dont il avait demandé au P. Aquaviva la permission de s'éloig-ner, pour vivre ailleurs inconnu et méprisé. Mais la gloire de Dieu ne permit pas d'exaucer ses désirs. Parmi les autres biens dont cette ville lui fut encore redevable, on ne saurait oublier la dévotion extraordinaire qu'elle a toujours témoignée depuis, pour les mystères de la naissance et de la crèche de l'Enfant Jésus.
Patrignani, Menai. ^ 4 marzo, p. 32. — Schinosi, Istoria délia Provincia di Napoli., t. 1, p. 328 et suiv.., p. 465; t. 2, p. 22 et suiv. ; 42, 228, 404. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 3, p. 152, 468; t. 4, p. 314, 438. — Nadasi, Annus dier. meinorab., 4» mart., p. 123. — Cassani, Varones (lustres^ t. 1, p. 114-143.
* Le quatrième jour de mars de l'an 1653 rappelle la mort du P. Vincent Guinigi, de Lucques, entré au noviciat à l'Age de treize ans. Après avoir enseigné la littérature et la rhétorique au Collège Romain, il fut chargé de continuer l'Histoire de la Compagnie, interrompue par la mort du P. Sacchini. Mais il eut à peine le temps de mettre la main à ce grand travail, le P. Mutins Vitelleschi l'a- 3^ant choisi pour secrétaire. 11 remplit cette fonction délicate pendant douze ans avec un dévouement, une fidélité, une prudence et en même temps une humilité, une exactitude à toutes les observances mêmes les plus minimes de la vie religieuse et une piété qu'on ne pouvait assez admirer. Dans ses dernières années, le