‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 149 sur 331 · XXIV MARS. P. PHILIPPE BOVIO · texte numérisé non relu

XXIV MARS. P. PHILIPPE BOVIO

dant son intime union de cœur avec Dieu le faisait céder tout à coup à une sorte d'impulsion irrésistible, qui se rapprochait beaucoup du premier temps de l'élection et d'une révélation divine ; comme quand il permit subitement, contre toute prévision humaine, au P. Golnago de parcourir les rues de Naples en faisant le fou. On dit qu'à son lit de mort le P. Lisio fut visité par la très sainte Vierge, qui le remercia particulièrement du soin qu'il avait pris, comme supérieur, de multiplier le nombre et d'augmenter l'éclat et la ferveur des congrégations.

Patrignani, Menol., 24 tnarzo, p. 172. — Cordara, Histor. Soc, part. 6^ , lib. 3, n. ii, p. 141. — Schinosi, Istor. délia Provinc. di Napol. , t. {, p. 172, 310, 383 ; t. 2, p. 123. — Santagata, Istor. délia Provinc. di Napoli, t. 4, p. 71 cl suiv.

* Le vingt-quatrième jour de mars, l'an 1773, mourut au collège de Brera, à Milan, le P. Philippe Bovio, un des hommes, dit son biographe, les plus éminents par la science et par la vertu qui aient jamais enseigné dans cet illustre collège. C'était aussi la pensée de tous ceux qui, dans l'espace de plus de trente ans, ne cessèrent de se presser autour de sa chaire de théologie. Sa réputation de doctrine s'étendait non seulement en Italie, mais encore au delà des Alpes. Les religieux eux-mêmes des autres Ordres venaient lui soumettre leurs difficultés et leurs travaux, et s'estimaient honorés de ses suffrages. On cite entre les autres celui qui fut plus

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tard le pape Clément XIV. En toute rencontre, Laurent Ganganelli proclamait bien haut qu'il ne connaissait point d'homme au monde plus saint et plus savant que le P. Bovio ; et au temps où il était directeur des études au couvent des Franciscains à Milan, il l'invita, avec tous les Pères du collège à une dispute solennelle, et le combla devant la docte assemblée des éloges les plus magnifiques, qu'il étendait à toute la Compagnie.

Le P. Bovio méritait ces louanges. La vertu allait véritablement de pair avec la science chez ce digne fils de saint Ignace. Au milieu des applaudissements et des témoignages d'universelle considéraiion, il demeurait humble, simple comme un enfant, soumis en toute chose aux moindres signes de la volonté des supérieurs, ami de la prière et des pratiques de piété les plus naïves en l'honneur tle la sainte Vierge et des saints, indice certain de la pureté et de l'innocence de son àme. Mais surtout il professait le plus grand respect et une sorte de culte pour sa vocation et pour la vie commune. Il aimait tout ce qui est de la Compagnie, non seulement les règles et les ordonnances des supérieurs, mais jusqu'aux plus minimes observances consacrées par l'usage. Ainsi il ne manquait jamais, même dans sa vieillesse, de se traîner chaque semaine à pied à la maison de campagne du collège, située aux environs de la ville et appelée Londoniana., et pendant les vacances d'aulomne, de se joindre aux Scolastiques dans une autre villa, dite le Paradis, et de se mêler à leurs jeux. Il faisait cela, « moins pour se récréer lui-même, disait-il, que pour donner l'exemple aux jeunes gens, et leur apprendre à s'affectionner aux divertissements et aux distractions que la Compagnie accorde à ses enfants».

Dieu épargna à ce fidèle serviteur les suprêmes angoisses et le

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