‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 17 sur 331 · X JANVIER. — F. FRANÇOIS GAT-LUZZI · texte numérisé non relu

X JANVIER. — F. FRANÇOIS GAT-LUZZI

porter l'Évangile aux peuples de l'Orient. Ils le renvoyèrent donc à Païenne, d'où ses supérieurs durent l'éloigner encore, parce qu'il devenait par ses faux principes une pierre de scandale pour les jeunes religieux. Apprenant alors ([ue le degré de profès ne lui serait jamais accordé, il prétendit mener la vie d'anachorète, et perdit ainsi jusqu'à la grâce de sa vocation. Mais par une insigne miséricorde de Dieu, il eut le bonheur de la racheter au prix de sa vie. Pleurant nuit et jour sur sa chute, il ne tarda pas à revenir comme l'enfant prodigue, prêt à subir toutes les épreuves, à embrasser tout ce qu'il avait eu le plus en horreur, et avant tout, comme l'exigeait le P. Mutins Vitelleschi, à recommencer en entier ses deux années de noviciat.

Cependant la peste venait d'éclater à Palerme. Jean-Baptiste Mazzulla, avant de rentrer parmi les novices, demanda la grâce de se dévouer, dans les hôpitaux, au soin des malades. On le lui permit, et durant quinze jours, nul autre, dit le P. Gordara, n(! montra plus de dévouement, d'oubli de lui-même, de promptitude à se vaincre et à se traiter sans pitié. Au travail, il joignait le jeûne ; et après les fatigues du jour, il veillait encore bien avant dans la nuit, priant et se flagellant avec tant de rigueur que ses voisins réveillés en étaient saisis d'effroi. Sa mort lui fut révélée trois jours d'avance, comme pour stimuler son ardeur pendant le peu de temps qui lui restait. Succombant enfin à la violence du fléau, il se coucha sur la terre nue, où il expira au bout de deux heures, en invoquant avec une admirable confiance les saints noms de Jésus et de Marie. Ces quinze jours, en effet, avaient valu une longue carrière ; et les religieux comme le peuple, avaient conçu une si haute idée de ses mérites, que malgré la

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contagion, chacun voulut toucher le saint corps, et lui baiser, sans l'ombre de crainte et de répugnance, les pieds et les mains.

F. Galluzzi. — Franco, Annus glorios. Soc. Jes. in Lusitan. , p. 18. — Id., Synopsis annal. Soc. Jes. in Lusitan., p. 200. — Aguilera, Hist. Prov. , Sicul. , t. {., p. 523.

P. Mazzulla. — Aguilera, Hist. Prov. Sicul,., t. 1, p. 523. — Cordara, Histor. Soc. Jes. , part. 6, lib. 9, p. 480.

* Le dixième jour de janvier de l'an 4741, mourut à Spalatro, en Dalmatie, le P. Antoine Castellani, victime de son dévouement au service des pestiférés. 11 avait fait de brillantes études au Collège Romain; mais il n'aspirait qu'à se dépenser dans les ministères les plus obscurs et les plus laborieux ; il demanda et obtint les missions de la Dalmatie. Sept années entières, il accompagna dans ses courses le P. Della-Bella, l'apôtre de ces contrées; il y supporta des fatigues inouïes et recueillit partout des fruits abondants de conversion.

Une dangereuse épidémie s'étant déclarée aux environs de Spalatro, le P. Castellani, qui avait soif d'immolation, s'offrit aussitôt à voler au secours des malades. Mais sa demande ne fut pas acceptée : Dieu le réservait pour une autre occasion qui ne tarda pas à se présenter. Comme s'il avait prévu que l'heure de son sacrifice n'était plus éloignée, le P. Castellani fit sa retraite annuelle avec une ferVeur extraordinaire, et il en sortit, raconte un de ses compagnons, comme changé en un autre homme, ravi en Dieu, et brû-

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