‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 214 sur 331 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

Le premier jour de mai de l'an 1601, mourut dans la maison professe de Palerme le P. Antonin Torrentino, directeur d'une des principales congrégations de la très sainte Vierge. Le travail avait épuisé ses forces; mais il mettait un soin extrême à cacher ses douleurs, qui auraient pu lui attirer la compassion des hommes, ne voulant être vu et consolé que par Dieu. Confesseur de nos Pères et Frères, il paraissait toujours prêt à les recevoir, sans témoigner qu'il eût jamais autre chose à faire , ne trouvant rien, en effet, de plus important que de les aider à devenir parfaits, selon la mesure de la grâce qui leur était communiquée. La veille même de sa sainte mort, réduit à une telle faiblesse qu'il pouvait à peine demeurer debout, il ne s'en traî-

510 MÉNOLOGK S. J. ■ — ASSISTANCE D'iTALIli).

na pas moins jusqu'à sa congrégation pour y faire d'une voix éteinte son exhortation ordinaire ; et comme ses auditeurs, émus jusqu'aux larmes de ce spectacle, le suppliaient de se reposer : « Laissez-moi faire, leur répondit-il doucement ; car je n'ai plus que bien peu d'heures, et n'est-il pas juste que je les dépense pour le bien de vos âmes et pour Dieu y> !

Litter. Ann. Societ., anno 1601, p. 4. — Aguilera, Histor. Provinc. Sicul., t. l, p. 'ii2. — Nadasi, Ann. die/: memor., l* 'mnii, p. 237,

Dans les premiers jours de mai, moururent en odeur de bénédiction, à la fleur de l'Age, les deux jeunes Frères Scolastiques Joseph Gabarrasi à Palerme en 1568, et François Oravina à Caltagirone en 1582.

Joseph Gabarrasi, à peine sorti du noviciat, unissait dans un très rare degré l'ardeur pour l'étude des lettres humaines auxquelles l'appliquait l'obéissance, et le zèle pour le saint exercice de la prière et de la mortification. 11 craignait tellement de perdre quelque chose de sa première générosité à se vaincre, que jusqu'à ses derniers jours, il faisait encore un usage presque continuel d'un rude cilice et d'une discipline armée de pointes de fer qui lui mettait le corps tout en sang. Peu de minutes seulement avant d'expirer, il les abandonna à l'un de nos Pères : « Voilà, lui dit-il en souriant, les armes du combat et de la victoire ; mon Seigneur veut enfin que je les dépose ; mais il ne va pas tarder, je l'espère, à me couronner ».

Page 1