V MAI
Dans les premiers jours de mai de l'an 4650, moururent au collège de Parme les deux Frères Scolastiques Barthélémy Grumel- LO et, Jérôme Bolsi, heureux de donner leur vie au service des pestiférés, dans cette horrible contagion qui en quelque mois emporta dix-neuf des Nôtres dans ce seul collège. Ils se préparaient l'un et l'autre aux missions lointaines ; mais quand la peste se fut déclarée, l'occasion de se dévouer leur parut si belle, qu'ils demandèrent sans tarder à faire comme un apprentissage de l'apostolat au lit des mourants, en soignant de leur mieux les corps et les âmes. Cette grâce leur fut accordée, bien qu'avec peine ; ils succombèrent tous deux en peu de jours, laissant d'insignes exemples de vertus à leurs frères. Le F. Grumello avait même reçu d'avance de Notre-Seigneur l'assurance de sa glorieuse mort et prédit que de tous ses compagnons, un seul échapperait au fléau. C'était, au témoignage de son Maître des novices, un jeune religieux d'une perfection déjà consommée, très intimement uni à Dieu par le détachement de lui-même et par la prière, d'une fidélité
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inaltérable à toutes ses règles et d'une charité fraternelle dont on rappelait encore bien des années après sa mort d'admirables traits.
F. Barthélémy GnuMELLo. — Cordara, Histor. Societ. Jesu, part. 6», lié. 15, n. 13, p. 352. — Alegambe, Heroes et Victim. chant., ann. 1630, p. 290.
F. .lÉROME BoLsi. — Alegambe, Op. cit., p. 291.
Le cinquième jour de mai de l'an 1640, mourut au noviciat de Messine le F. Goadjuteur François Micciardi, laissant à l'âge de quatre-vingt-sept ans les plus beaux exemples d'indifférence religieuse et d'union à Dieu par la prière. Depuis son entrée dans la Province de Sicile, il avait exercé presque sans interruption l'office de tailleur dans nos collèges, avec autant d'ardeur à servir et à contenter ses frères, que de patience et d'humilité. Cependant le travail et la vieillesse avaient très sensiblement affaibli sa vue. Comme quelques-uns de ses compagnons l'engageaient à laisser au moins en partie ce qui lui causait le plus de fatigue : « Qu'ai-je besoin de mes yeux, répondit le F. Micciardi, si ce n'est pour les consacrer de grand cœur à tout ce que me demande l'obéissance » ? En effet le bon vieillard devint entièrement aveugle. 11 vécut encore sept ans dajis un état si triste au jugement des hommes ; mais jamais il n'avait paru plus joyeux. « j'ai donné mes yeux à Jésus, disait-il en souriant, et j'en reçois déjà
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le prix sur la terre ; oh, que je suis heureux » ! Il ne faisait que prier du matin au soir, et même une grande partie de la nuit, surtout pour nos amis et nos bienfaiteurs ; car ne pouvant travailler désormais au service de la Compagnie , il voulait du moins, disait-il, témoigner sa reconnaissance à ceux qui lui font quelque bien, en appelant sur eux les bénédictions de Notre-Seigneur, comme Notre Père saint Ignace nous l'a si instamment recommandé.
Aguilera, Histor. Provinc. SicuL, t. 2, p. 380.
* Le cinquième jour de mai mourut au Collège Romain, où il remplissait les fonctions de Père Spirituel des Nôtres, le P. Charles Santini, en qui se réunissaient, dit son biographe, ((l'excellence de la doctrine et la sainteté de la vie ». 11 était déjà prêtre et jouissait de quelque réputation en littérature, quand il sollicita l'honneur, à vingt-huit ans, de s'enrôler sous l'étendard de saint Ignace. Aussitôt après son noviciat, il fut chargé de la classe de rhétorique à Raguse, à Ascoli, puis à Florence où il eut successivement pour collègues les célèbres Pères Lagomarsini et Joseph Mazzolari. Les supérieurs lui confièrent ensuite le soin de former les juvénistes de Saint-André. En peu de temps, il les enflamma de sa propre ardeur. L'étude du grec, sans être abandonnée, avait néanmoins subi parmi eux quelque ralentissement. Le P. Santini la remit en honneur, et bientôt ses élèves furent en état de oompo-