XXVI MAI
Le vingt-sixième jour de mai de l'an 1619, mourut à Naples le F. Antoine Loffredo, Scolastique, du sang des Caraccioli par sa mère, et par son père unique héritier de la principauté de Durazzano, qu'il ne tint pas à lui d'échanger contre l'humble degré de Coadjuteur temporel dans la Compagnie. Formé à tous les exercices de la jeune noblesse d'alors, il avait entièrement oublié l'étude des lettres humaines, et ne songeait qu'à jouir du monde, sans toutefois offenser Dieu ; lorsque le P. Jules Mancinelli lui prédit qu'il embrasserait un jour la règle de saint Ignace, du vivant et sous le généralat de son glorieux parent, Claude Aquaviva. Bientôt en effet, par un soudain changement de cœur dont la grâce seule fut le mobile, Antoine Loffredo ne pensa plus qu'à la vie religieuse. Comme on lui représentait qu'étant fils unique, il ne pouvait ainsi laisser périr le nom et la postérité de ses ancêtres : « Sachez, répondit-il à sa mère, qu'ils doivent désormais s'éteindre sans retour, quelque parti que je prenne ; car je n'ai pas attendu mon entrée dans la Compagnie pour faire le vœu perpétuel de chasteté ».
Sur ces entrefaites, un gentilhomme Napolitain, de son rang et de son âge, le provoqua un jour en duel. Comme les Souverains