‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 41 sur 331 · XXIV JANVIER. P. GASPAR PARANINKO · texte numérisé non relu

XXIV JANVIER. P. GASPAR PARANINKO

aux plus délicates exigences de son office, il trouvait encore le temps de donner plusieurs heures chaque jour à l'oraison.

Litter. ann. Soc. Jes.^ ann. 1608, p. 823 seqq. — N.vdasi, /I/z/îm* dier. memorab. , 24'' jan. , p. 44. — Drews ,Fasti Soc. Jes. , 24* jan. , p. 32.

Le vingt-quatrièuie jour de janvier de l'an 1624, mourut à Naro en Sicile, le P. Gaspar Paraninko, dans la maison môme où il était venu au monde soixante-dix ans auparavant, et qui faisait partie du collège de la Compagnie fondé par sa générosité dans cette ville. Cet insigne apôtre de la Sicile et de la Corse était un enfant privilégié de la sainte Vierge, dont il avait puisé l'amour avec le lait de sa pieuse mère. Par un effet de cette tendresse, dont la précocité tient assurément du prodige, il commença dès l'âge de trois ans, à jeûner tous les samedis au pain et à l'eau, en l'honneur de la Reine des anges, et à cette pratique, il ajouta plus tard le jeûne du vendredi en mémoire de la Passion ; car ce furent là les deux dévotions par excellence de toute sa vie. A peine montait-il une fois en chaire sans rappeler par quelques mots le souvenir des douleurs de Jésus ; et comme on lui en demandait la raison : « Ah ! répondit-il, c'est que mon cœur aussi est blessé » ! A un Frère Coadjuteur, son compagnon, qui lui demandait comment faire pour prier sans distraction : « Mon cher Frère, répondit-il en lui montrant son crucifix, pensez à ce Seigneur mourant pour nous, et vous serez bientôt guéri de vos distractions ». Le vendredi il se flagellait jusqu'à quatre fois par jour avec une chaîne de fer ; il se flagellait de la môme manière avant A. i. — T. i. — 16.

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chacun de ses sermons, et recouvrait ensuite ses plaies d'un âpre cilice. Notre-Seigneur donna une approbation sensible à ces saintes cruautés ; car dans un temps où il semblait épuisé de forces, un de ses supérieurs crut devoir les lui interdire ; il obéit sur-lechamp. Mais sa poitrine et sa voix perdirent aussitôt leur énergie ordinaire ; et dès que l'obéissance lui eut permis de remonter en chaire avec sa préparation et ses armes de pénitence, il retrouva en un moment une vigueur qui ne pouvait évidemment lui venir que de Dieu.

Cependant les triomphes apostoliques du P. Gaspar avaient rendu son nom célèbre, bien au delà des limites de la Sicile. Le Souverain Pontife Clément VIII et la République de Gênes ayant demandé au P. Claude Aquaviva un homme plein de l'esprit et de la force de Dieu, pour évangéliser les rudes populations de la Corse, le Père Général offrit le P. Paraninfo ; et durant près de trois années, les villes et les campagnes de la Corse parurent changées à la voix de l'homme de Dieu en autant de Ninives pénitentes. Mais à la fin de son carême d'Ajaccio, l'an 1601, le mardi de Pâques, au moment où il achevait ses adieux à tout ce peuple qu'il venait de ramener à la vie chrétienne, un prêtre parut tout-à-coup à l'autel, et lui ordonnant de ne point quitter la chaire, lut publiquement, d'une voix forte, la censure des prétendues erreurs annoncées par lui, l'accabla d'invectives, et le signala aux fidèles comme un prédicateur de pestilence. Le P. Paraninfo l'écouta jusqu'au bout, sans un signe d'émotion ou de surprise, et se contenta de dire à la fin : « Que la ti'ès sainte et très juste volonté de Dieu s'accomplisse en tout et toujours ! » Puis au moment de partir pour une nouvelle mission, il alla demander la bénédiction

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