‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 5)Chapitre 73 sur 331 · VII FÉVRIER. — P. FRANÇOIS DOMENICHINI · texte numérisé non relu

VII FÉVRIER. — P. FRANÇOIS DOMENICHINI

et un véritable port <lo sainteté poui' les pauvres pécheresses revenues à Dieu. Il mourut à l'Age de soixante-quatre ans ^ il en avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.

Litlerx ann. Societ. Jes., ann. 1604, p. 17. — Nadasi, Annus dier. menior. Soc. Jes., fia febr.., p. 73, et 26a mari., p. 169. — Aguilera, Histor. Prov. Sic, t. 1, p. 450-4,58. — Cepari, Vie de Saint Louis de Gonzague. — Boe- Bo, MenoL, 7 /eèr., p. 1.34. — Mongitore, Biblioth. sicul., t. \, p. 196. — DK Backkr, Biblioth. , 1" e'dit., t. 4, p. 522.

Le septième jour de février, mourut en 1720, au collège de Pistoie, dans la Province romaine, le P. Antoine-François Domenichini, né à Città di Castello en Ombrie. Trente ans de travaux apostoliques dans les Etats de l'P^glise et dans la Toscane, résument à peu près tout ce que nous connaissons de sa vie. Quant au plan de conduite qu'il s'était tracé, Notre-Seigneur le lui avait fait trouver, disait-il, dans ces paroles de David : « In die mandavit Dominus misericordiani siiam., et nocfe canticum ej'iis ! Dieu nous recommande pour le jour les oeuvres de sa miséricorde, et le chant de ses louanges pour la nuit » ( Ps. 41, 9 }. Ainsi après quatre heures de sommeil qu'il prenait souvent sur une chaise tout habillé, il se mettait en oraison, et profitait des ténèbres pour aller visiter le saint Sacrement, une lourde croix sur les épaules, une couronne d'épines sur la tête, et les pieds nus. Le jour il était aux pauvres, aux prisonniers, aux mourants, toujours portant un ciliée ou une ceinture de fer dont les pointes s'enfonçaient dans ses chairs.

Les éléments, les démons, les libertins, tout semblait parfois conjuré contre lui. 11 lui arriva tour à tour de tomber en pleine nuit dans un précipice d'où le retirèrent quelques religieux de saint François ; d'être emporté par les eaux d'un torrent qu'il avait tenté de franchir à gué ; d'être battu horriblement par de jeunes débauchés auxquels il avait enlevé leur proie ; de recevoir la visite des légions infernales, qui poussaient leur rage contre lui jusqu'à le traîner par les cheveux sur le pavé de sa cellule, pour se venger de la perte des âmes qu'il leur ravissait. La vie du P. Domenichini est pleine de merveilles. Nombre de malades lui durent la guérison du corps ; mais on regardait avec raison comme non moins surprenante la guérison des Ames. Quelques courtes paroles lui suffisaient souvent pour dissiper les troubles des consciences et calmer les plus violents orages. La dévotion à la Vierge immaculée était une de ses dévotions favorites. Toutefois le plus puissant moyen de sanctification entre ses mains, surtout pour les prêtres, c'étaient les Exercices de saint Ignace. Afin de mieux assurer le fruit de ses missions, il n'évangélisait aucune ville, sans donner à la fin, et à part, durant huit jours, une retraite à tout le clergé. Le P. Domenichini s'endormit dans le Seigneur à l'âge de soixante-et onze ans, dont -il avait passé cinquante-et-un dans la Compagnie.

Patrignani, Menol., 1 febbr. , p. 84.

Page 1