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Ménologe de la Compagnie de Jésus

* Le premier jour de juillet de l'an 1647, mourut dans le comté de Derby le P. François Walsingham, de la famille du trop fameux secrétaire d'état de la reine Elisabeth et probablement son neveu. II était né dans l'hérésie et se faisait gloire d'en être un des plus zélés partisans. Voyant un de ses amis qui paraissait chanceler dans sa foi, il lui prêta pour l'affermir un des meilleurs ouvrages de la réforme. Celui-ci accepta, à la condition qu'il en présenterait lui-même un autre de son choix : c'était le livre du P. Parsons contre les ministres Gharck et Hanmer. François Walsingham ne put se refuser à l'échange ; mais il affecta de ne faire aucun cas du volume, le feuilletant à peine d'un air dédaigneux et distrait.

Cependant une impulsion mystérieuse le ramenait sans cesse vers ce livre. A la (in, il céda et le lut d'un bout à l'autre avee attention, l/argumentalion du P. Parsons lit une si vive impression sur son esprit, (pi'il se sentit profondément ébranlé à son tour. Dans son incertitude, il eut recours à celui (pi'on lui avait appris à considérer comme le chef de l'Eglise anglicane. Jacques I"" ne lui répondit point et se contenta de le renvoyer à l'archevêque de Cantorbéry ; celui-ci, après cpiclques explications insullisantes, l'adressa à son cliaj)clain ; ce fut sans plus de succès. Poursuivi par ses doutes, François Walsingham courut vainement de docteur en docteur, sans trouver le repos. Il revint alors aux livres catholiques et, la grAcc de Dieu secondant ses efforts, la lumière brilla dans toute sa plénitude ii ses yeux.

Devenu enfant de la véritable Eglise, il prit le chemin de Rome pour y fortifier sa foi et voir celui cpii avait été par ses écrits l'instrument de sa conversion. Il étudia la théologie au collège anglais, reçut la prêtrise et, plein de l'ambition d'arracher ses compatriotes aux erreurs dans lesquelles il avait langui si longtemps, il sollicita la grâce d'entrer dans la Compagnie et bientôt après celle d'aller se joindre aux apôtres qui travaillaient au salut des Ames dans son pays. Il se dépensa pendant trente-deux ans au milieu d'eux avec une ardeur tout apostolique et de grands fruits de conversion et de sanctification. Le P. Walsingham aimait surtout à évangéliser les enfants et se plaisait au milieu des pauvres, dont il se réjouissait de partager les privations. Poursuivi par les satellites lancés h la recherche des prêtres, il eut le bonheur de leur échapper toujours ; et plus d'une fois, les fidèles n'hésitèrent pas îi voir une intervention extraordinaire de la Providence

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