‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 100 sur 356 · XXII AOUT · texte numérisé non relu

XXII AOUT

Le vingt-deuxième jour d'août de ' l'an lbS6, mourut très saintement à Tournai, à l'âge de trente-trois ans seulement et après moins de six ans de vie religieuse, l'un des plus cliers enfants de saint Ignace, le P. Bernard Olivier, dont le zèle pour la gloire de Dieu créa l'œuvre des écoles dominicales, qui fleurissent encore en Belgique depuis plus de trois cents ans. Né dans la petite ville d'Antoing, il y menait une vie fort dissipée, lorsque son père, irrité de sa conduite, lui dit qu'il ne voulait plus d'un pareil exemple dans sa famille et que de tels désordres finiraient par le réduire un jour à la condition des vagabonds et des mendiants. « Du moins, répondit le jeune étourdi, je ne viendrai pas mendier chez vous » ; et il partit pour aller chercher fortune à Rome, avec quelques joyeux compagnons. « Or il y fut pris, dit un vieil historien, d'une grande et longue maladie, en laquelle un prêtre de la Compagnie de Jésus le vint confesser et parfois visiter ; auquel il dit qu'il se ferait des Nôtres, si jamais il se guérissait. Étant donc guéri, il vint se présenter à la maison du Père Ignace ; mais celui-ci, pour éprouver sa constance, vu que sa bonne volonté était fraîche et comme forcée par la maladie, lui répondait maigrement et lui donnait tantôt espoir et tantôt non. Un jour, ennuyé de tous

ces délais, Bernard déclara hardiment au Frère portier qu'il entendait bien venir cette fois pour ne plus sortir ; et le Père Ignace voyant cette constance le reçut ».

Les exercices du noviciat le changèrent tellement en peu de mois, qu'après lui avoir fait prendre les ordres sacrés, saint Ignace le choisit pour Ministre de la maison professe, Recteur du Collège Romain, et fondateur de celui de Monreale en Sicile ; mais apprenant que sa santé dépérissait de jour en jour, il le rappela et, sur le conseil des médecins, l'envoya se rétablir et travailler au salut des âmes dans son pays. En arrivant à Antoing, le P. Olivier, que ses maladies avaient rendu méconnaissable, commença par aller demander humblement l'hospitalité chez son père, oii il fut pris d'abord pour un mendiant et un vagabond ; mais bientôt il se fit connaître et, dès que ses forces le lui permirent, commença à prêcher dans les villes et les villages des environs avec un zèle et un succès qui rappelaient les plus saints apôtres des anciens temps.

Un des derniers actes de saint Ignace, avant sa mort, fut de nommer le P. Olivier Provincial de la Compagnie dans les Pays- Bas ; mais quand ses lettres arrivèrent à Tournai, le missionnaire venait de succomber aux ravages de la peste. A l'heure même où il expirait, le serviteur de Dieu se fît voir à deux de ses frères, les salua d'un air plein de joie et s'éloigna doucement prenant son essor vers le ciel.

Orlandinus, Histor. Soc. Jcsu, lib. 15, n. 31, p. 370 ; lib. 16, n. 35, p. 403. — d'Oultreman, Tableaux des personnages signalez...., p. 107. — Nadasi, Ann. dier., 22^ aiig., p. 120. — Drews, Fasti, 22=* aug., p. 324, — Patrignani, MenoL, 22 agosl., p. 183. — Tanner, Societ. Jes. apostol. iniilatr.., p. 54. — Alegambe, Heroes et Victim., p. 23. — Sommervogel, Biblioth., t. 5, p. 1898. — Carayon, Bibliolh. histor., n. 2352, p. 320.

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