‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 126 sur 356 · V SEPTEMBRE. P. JACQUES BARTSCH · texte numérisé non relu

V SEPTEMBRE. P. JACQUES BARTSCH

visage, que le prêtre, en déposant ia sainte hostie sur ses lèvres, ressentait lui-même une très douce consolation.

Pendant sa dernière maladie, le F. de Paw triomphait d'allégresse au milieu de ses souffrances ; ses colloques avec Notre-Seigneur en croix étaient si brûlants d'amour qu'il fallut lui dérober la vue de son crucifix, dans la crainte de précipiter le dénouement final. Les médecins cherchaient encore à le sauver : « Non, non, leur dit-il gaiement ; il ne reste plus d'espoir ; je vais au ciel ». Quand on eut terminé les prières de la recommandation de Tàme, comme il respirait encore, on voulait les reprendre; mais il s'y opposa: ce Ce n'est pas nécessaire, dit-il, je m'en vais ». Et quelques moments après, il remit son âme innocente entre les mains de Dieu.

Summar. vitaz defunct. Provinc. flandr.-belg. [Archiv. Rom.]. — Nadasi, Ann. dier...y 5^ sept., p. 144. — lo., Pretiosce occupationes..., c. 18, II. 11, p. 157. — Drews, P'asti, ô'^ sept., p. 345.

* Le cinquième jour de septembre de l'an 1710, mourut à Vilna le P. Jacques. Bartscii, de la Province de Lithuanie, mart3rr de son dévouement au service des pestiférés, il était entré dans la Compagnie à l'âge de dix-sept ans, sur l'ordre jnème de la très sainte Vierge ; et par une faveur non moins précieuse, cette bonne Mère avait sauvé sa vocation en le guérissant tout à coup d'une douloureuse infirmité qu'il avait portée en silence tout le temps de son noviciat. En retour, le P. Bartsch voua à sa bienfaitrice une reconnaissance et un amour sans bornes. Il se fît son serviteur et

son panégyriste, célébrant ses privilèges et lui offrant chaque jour un tribut de prières et de mortifications. Après sa mort, on trouva parmi ses papiers un écrit intitulé Sertum flosculoruin Beatissimse Virgiui Matri Dei dication, où il avait consigné jour par jour, depuis son entrée au noviciat, toutes ses pratiques de dévotion envers son auguste Souveraine.

La mortification sous ses formes diverses fut la vertu de prédilection du P. Bartsch. Il avait déclaré à son corps une guerre implacable. Il se flagellait deux fois par jour, portait continuellement sur sa poitrine une grande croix armée de clous, et pendant quatre ans de suite garda autour des reins une ceinture de fer qui le déchirait. La vue de son cilice causait une sorte d'horreur ; il en avait parsemé le tissu de pointes aiguës et de piquants de hérisson. Ses jeûnes étaient fréquents et rigoureux. II ne buvait point de vin, ne goûtait aucun fruit, s'abstenait de tout mets délicat. Ce saint homme ne s'adonnait pas moins à la mortification intérieure. Il aimait à s'abaisser aux yeux des autres, à faii'e rire à ses dépens, à passer pour un esprit médiocre, bien qu'il eût occupé avec une grande distinction les chaires de philosophie et de mathématiques.

Animé d'un zèle ardent pour le salut des âmes, il avait sollicité la grâce d'être envoyé dans les missions de Chine ou de Perse. Ses prières étant demeurées sans effet, il s'en dédommagea en consacrant ses loisirs aux pauvres, aux ignorants, aux gens de la campagne. Lorsque se déchaîna la terrible peste de 4710, le P. Bartsch s'empressa de s'offrir à porter secours aux malades. Les supérieurs hésitèrent d'abord à l'exposer à un péril trop manifeste. Sur ses instances répétées, ils lui permirent enfin d'aller

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