X JUILLET
Le dixième jour de juillet de l'an 1571, mourut à Mayence le P. Pierre Van den Bossche, flamand, plus connu sous le nom latin de SiLVius dans les différentes histoires de la Compagnie. Il avait été formé à la pratique des vertus sous les yeux mêmes et par les soins de saint Ignace. L'obéissance, si instamment recommandée par notre Bienheureux Père, était comme son caractère distinctif. Conduit tour à tour par la volonté de ses supérieurs en Italie, en Bohême, en Bavière, en Flandre, dans les Provinces Rhénanes, pour y remplir successivement presque toutes les fonctions de la Compagnie, les plus brillantes aussi bien que les plus humbles, le P. Van den Bossche mérita partout et toujours cet éloge, dans lequel l'Histoire de la Compagnie résume les vingt années de sa vie religieuse: Uhique laboriosus ac dilige/is, sese... quocumque Saiicti Spiritus impetus per obedieiitiarn ageret.... sequacem prsebens. Il était âgé de trente-sept ans.
Sacchinus, Histor. Societ., part. 3, lib. 7, n. 71, p. 344. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 1, lib. 3, n. 198, p. 301. — Sotuellus, Biblioth., p. 700. — SoMMERvoGEL, Biblioth., t. 7, p. 1212. — Nadasi, Ann. dier. memor.., 10* jul.., p. 18.
Le dixième jour de juillet de l'an 1642, mourut à Saint-Omer le P. Denis De Sannois, flamand. 11 avait mené dans la Compagnie, durant plusieurs années, une vie pieuse et régulière, mais très éloignée encore de la sainteté à laquelle Dieu l'appelait, lorsque la visite et les conseils d'un de nos Pères, qui lui apparut enveloppé des flammes du purgatoire, firent de lui un homme tout nouveau. C'était un de ses intimes amis, mort déjà depuis quelque temps et que les suffrages de ses frères n'avaient pas encore introduit au ciel. Il venait implorer le secours du P. De Sannois et lui faire connaître combien la négligence à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes blesse le Cœur de Notre-Seigneur, contriste le Saint-Esprit et est sévèrement châtiée après la mort. Puis il lui recommanda avec instance le soin des mourants, la dévotion aux âmes du purgatoire et ajouta ces paroles si consolantes pour nous : « Aider les âmes à se sauver est une œuvre sublime et admirable aux yeux de Dieu lui-même : c'est un témoignage d'affection singulière que Notre-Seigneur donne à tous les membres de sa Compagnie en les prenant pour coopérateurs dans l'accomplissement d'un pareil dessein ». Le P. De Sannois mourut à l'âge de cinquante-deux ans ; il en avait passé trente-deux dans la Compagnie.
Nadasi, Ann. dier. mentor., 10* 7"^-, P- 20. — Dkews, Fasti Soc, 10* Jul., p. 263. — Patrignani, Menol., 10 lugl.^ p. 78.
X JUILLET. F. FRANÇOIS MATUSEWICZ. 27
* Le dixième jour de juillet de l'an 1764, à la résidence de Bobroysk, dans la Province de Masovie, mourut le F. François Matu- SEWicz, Coadjuteur temporel, avec la réputation bien justifiée d'un parfait religieux. Il était entré au noviciat dans un âge assez avancé ; il en prit occasion de redoubler de ferveur pour racheter le temps qu'il n'avait pas pleinement donné à Dieu. Souvent après s'être fatigué tout le jour et avoir rempli lui seul les offices de plusieurs frères, il dérobait des heures entières au repos de la nuit pour s'entretenir avec Notre-Seigneur au pied du tabernacle. Il traitait son corps sans ménagement comme son implacable ennemi et, en dehors des strictes exigences de la nature, lui refusait toute satisfaction. La pauvreté lui était très chère ; il se plaisait à porter des vêtements usés ; pour lui demeurer fidèle jusque dans la mort, il se façonna lui-même, avec des pièces de rebut, sept années avant sa bienheureuse fin, le vêtement dans lequel il désirait être enseveli, et supplia avec instances qu'on ne lui en donnât point d'autre. Le F. Matusewicz expira très saintement à l'âge de soixante-dix-huit ans ; il en avait passé trente-deux dans la Compagnie.
Summar. vîtse defunct. Provinc. Mazov. (Archiv. Rom.).