‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 17 sur 356 · XI JUILLET. F. CLAUDE PINTE · texte numérisé non relu

XI JUILLET. F. CLAUDE PINTE

rimus fratres censeri potest, dit de lui l'auteur de sa notice. La charité était sa vertu de prédilection ; il avait comme besoin de se dévouer. A cinq reprises différentes, il se consacra au service des pestiférés ; mais en même temps, il était prêt à toute heure, après avoir rempli son emploi, à rendre les bons offices les plus simples. Il soignait ou veillait les malades ; il accompagnait les Pères dans leurs visites; il s'emparait adroitement des chaussures et des vêtements de ses frères et les nettoyait ; il voulait Jtre le serviteur de tous. Le F. Pinte aimait tendrement sa vocation ; il parlait avec bonheur des avantages incomparables dont elle est la source. Beaucoup attestèrent qu'ils devaient leur entrée en religion à ses entretiens et surtout à ses exemples. Ce bon frère mourut à l'âge de soixante-treize ans ; il en avait passé cinquantetrois dans la Compagnie.

Summar. vilee defunct. Prov. gall.-belgic. (Arch. Ront.j,

* Le onzième jour de juillet de l'an 1831, à Lancut en Galicie, arriva la glorieuse mort du P. Boniface Kisielewicz, lithuanien, âgé de quarante-trois ans, dont il avait passé près de trente dans la Compagnie.

Le choléra, qui fît alors tant de ravages en Europe, s'était déchaîné sur la Galicie avec une violence extrême. D'après les rapports officiels du gouvernement, il y fît jusqu'à quatre-vingt-dix-

sept mille victimes. Dans cette grande calamité, les Nôtres, partout où ils étaient établis, demeurèrent fidèles aux traditions de l'ancienne Province de Pologne et de toute la Compagnie. Ils se partagèrent en deux troupes également vaillantes. Les uns s'enfermèrent dans les confessionnaux assiégés du matin au soir par une multitude sans cesse renouvelée, qui voulait se réconcilier avec Dieu pour apaiser sa colère et affronter la mort avec plus d'assurance ; les autres se consacrèrent au service spirituel des malades dans les hôpitaux et les maisons particulières; et tel fut leur zèle que partout où il eut liberté de s'exercer, pas un de ces malheureux ne mourut sans avoir été consolé et fortifié par les sacre-

ments de l'Eglise.

Ce fut pour le peuple un grand sujet d'édification et d'admiration, quand tout le monde tremblait, même ceux à qui appartenait par office le soin des âmes, de voir les enfants de la Compagnie poursuivre leur périlleux ministère avec tant de calme et d'intrépidité. Ce qui redoubla l'étonnement, c'est que dans ce contact incessant avec les cholériques, comme si les bons anges avaient chassé au loin les influences pestilentielles, aucun d'eux ne fut atteint par le fléau, à l'exception du seul P. Boniface Kisielewicz. Ce religieux s'était renfermé dans l'hôpital militaire de Lancut, où il prodiguait aux malades tous les secours de son dévouement. Après des prodiges de charité, il fut frappé par le terrible mal et expira glorieusement, suivi dans la tombe par les regrets de ses frères, mais plus encore objet de sainte envie et salué comme un martyr.

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