VIII OCTOBRE. — P. PHILIPPE LOCHOWSKI
Le huitième jour croctobre de l'an 1677, mourut à Cracovie, au service des pestiférés, le P. Philippe Lochowski, âgé de quarantetrois ans, dont il avait passé vingt-cinq dans la Compagnie. 11 avait évangélisé pendant neuf ans les catholiques de Prusse, au plus fort des horreurs de l'invasion suédoise et des persécutions de l'hérésie. 11 trouva presque partout le peuple plongé dans une profonde ignorance ; mais Notre-Seigneur lui avait donné un merveilleux talent pour la dissiper ; les prêtres transcrivaient de leurs propres mains ses instructions et ses catéchismes, ils les répétaient ensuite à leur troupeau et conservaient ainsi les fruits amassés pendant son trop rapide passage.
Un sac de paille pour lit, un peu de pain et de fromage pour nourriture, une soutane usée qui le défendait mal contre les rigueurs du froid, semblaient au P. Lochowski un traitement trop délicat ; il y joignait encore de très rudes austérités. Sa mort fit une très vive impression sur les habitants de Cracovie ; ses obsèques furent célébrées par tout le clergé de la ville ; le gouverneur voulut que ses restes fussent environnés, par honneur, d'une grande partie de la garnison et salués solennellement par les décharges de l'artillerie.
Summar. vitss defunct. Provinc. Polon. (Arc/i. Rom.). — Patrignani, MenoL, 8 ottob., p. 59.
* Le huitième jour d'octobre de l'an 1721, mourut à Sluck le P. Jérôme Klokocki, d'une des premières familles de Pologne et
de Lithuanie. Il était à la tête de la starostie ou fief de Rzeczyca, et pouvait prétendre à de plus hautes dignités encore, lorsqu'à l'âge de quarante-trois ans, il dit adieu à cette brillante fortune, pour embrasser la pauvreté et l'humilité de la croix dans la Compagnie. Du reste, depuis longtemps déjà, à voir son éloignement du faste, chacun disait que le staroste de Rzeczyca pensait à se faire religieux. Avec sa personne, il voulut donner aussi ses grands biens. Il fonda le collège et le séminaire des nobles de Sluck, et attribua des sommes importantes au noviciat de Vilna, pour l'entretien des séculiers qui viendraient y faire les Exercices spirituels de notre Bienheureux Père.
Dans sa jeunesse, Jérôme Klokocki avait parcouru les principales contrées de l'Europe pour apprendre les langues et se perfectionner dans les connaissances propres à un gentilhomme de son rang. Lorsqu'il partit pour Paris, son père, chrétien aux fortes convictions, lui avait tracé une règle de conduite destinée à le mettre en garde contre les dangers qui pouvaient menacer ses mœurs et sa foi. Le jeune homme ne se départit pas d'une ligne des recommandations paternelles et, par respect autant que par reconnaissance, il garda jusque dans l'âge mûr et à la fin de sa vie, comme le plus précieux joyau de son héritage, les sages instructions qu'il avait reçues alors.
Après son noviciat, Jérôme Klokocki commença le cours entier des études théologiques et, à l'âge de près de cinquante ans, en soutint victorieusement les épreuves finales. Il s'était surtout formé dans la science des saints, l'humilité, l'union à Dieu, le zèle, la mortification, l'oubli de lui-même. A ceux qu'il entendait parfois se plaindre : « Pourquoi donc, répondait-il avec saint