IX OCTOBRE
* Le neuvième jour d'octobre de l'an 1620, mourut près d'Orsza, dans la Province de Lithuanie, le P. André Leoman, l'un de ces généreux confesseurs de la foi qui furent emmenés en Suède par le duc Charles de Sudermanie, et soumis dans les cachots de Stockholm à tant de traitements barbares, en haine de l'Eglise romaine et de la Compagnie. Rendu à la liberté et envoyé à Polotsk après sept années d'une cruelle captivité, le P. Leoman pleura sa délivrance comme d'autres auraient pleuré le plus grand des malheurs. Il ne pouvait se consoler d'avoir survécu à ses compag-nons morts dans les fers pour le nom de Jésus-Christ. Toutes les fois que ses yeux rencontraient les traces toujours vives laissées par les chaînes autour de ses bras et de son cou, ses regrets se renouvelaient et, comme pour se dédommager de ne pas avoir obtenu le martyre du sang, il tourmentait son corps par toute sorte de mortifications volontaires, le sommeil sur la dure, les jeûnes, les flagellations ; les austérités les plus rigoureuses lui semblaient un jeu auprès de ce qu'il avait souffert en Suède.
Enfin il plut à Dieu d'apaiser en quelque manière cette soif ardente de sacrifice. Une maladie contagieuse s'étant déclarée à Polotsk, tous les Pères du collège furent atteints. Le P. Leoman resté seul debout se dévoua sans réserve à leur service, et lorsqu'il eut terminé son ministère de charité, il fut frappé à son tour et mourut plein de joie de donner sa vie pour ses frères. Il