X OCTOBRE
Le dixième jour d'octobre de l'an 1666, mourut à Cracovie le Frère Coadjuteur Ga'^riel Kacski, après avoir rempli parmi les novices l'office de manuducteur pendant trente-deux ans. L'alliance du travail et de l'esprit intérieur, qui doit être comme le caractère distinctif de nos Frères, l'avait fait choisir pour un emploi si important. Non content de faire chaque jour deux heures d'oraison à genoux, il profitait des moindres moments libres pour s'entretenir avec Dieu. Il aimait la Compagnie d'un amour de fils, et disait souvent aux novices que son plus ardent désir était de mourir dans son sein ; il ajoutait que le meilleur bouclier contre les tristesses, les inquiétudes de l'âme ou les assauts de l'enfer, c'était le vêtement de la Compagnie. Il avait une grâce particulière et toute divine pour consoler et fortifier ceux qui chancelaient dans leur vocation.
Quand le F. Kacski apprenait aux Frères Coadjuteurs novices à faire la barbe et les cheveux, il se mettait le premier sous leurs ciseaux et leurs rasoirs, et bien qu'il en sortît parfois dans un état ridicule et tout sanglant, il ne témoignait nulle impatience. En travaillant au jardin, il se plaisait à manier les orties et les épines. S'étant un jour enfoncé par mégarde un éclat de bois dans