XVI OCTOBRE
Le seizième jour d'octobre de l'an 1588, les FF. Jacques Soppius et Richard Biler, novices Scolastiques hollandais, envoyés en Autriche par le P. François Coster, furent massacrés près de Trèves par les hérétiques, en haine de l'Eglise catholique et de la Compagnie de Jésus. Exposés à la voracité des oiseaux de proie et des loups, qui faisaient de grands ravages dans tout le pays, les corps des deux jeunes martyrs furent retrouvés après plusieurs jours entièrement intacts, non sans une protection visible de la toute-puissance de Dieu.
Sacchinus, Histor. Societ. Jesu, part. 5«, lib. 8, n. 98, p. 390. — Ale- GAMBE, Mortes illustres^ p. 152. — Nadasi, Ann. dier. menior.., 16* octob., p. 225. — Drews, Fasti Soc, 16^ octob., p. 405. — Socherus, Histor. Provinc. Austr., lib. 8, n. 197, p. 378.
* Le seizième jour d'octobre de l'an 1624, périt glorieusement, dans un combat naval entre les Espagnols et les Hollandais, le P. François Bray, né en Irlande et entré déjà prêtre dans la
Compagnie. II était doué d'une grâce spéciale pour arracher à leurs désordres les pécheurs les plus endurcis ; il ne ramena
pas moins de six cents hérétiques à la véritable Eglise. A force d'instances, il avait obtenu de monter avec six autres Pères sur les vaisseaux espagnols que Louis de Oliveira avait reçu l'ordre de conduire de Belgique en Espagne. Mais à peine la petite flotte eut-elle pris la mer, qu'elle fut attaquée par des forces hollandaises triples en nombre et, après une résistance acharnée, dut se réfugier dans un port d'Angleterre ; elle y demeura bloquée cinq mois entiers.
Alors, par une manœuvre habile, elle parvint à se frayer une route à travers les lignes ennemies et à gagner le large. Seul le vaisseau-amiral, qui marchait le dernier et sur lequel se trouvait le P. Bray, n'eut pas le temps de se mettre hors de portée et, enveloppé de toutes parts, fut obligé d'engager le combat. Au témoignage de ceux qui survécurent à cette lutte désespérée, le P. Bray se montra d'un courage incomparable. Debout sur le pont, le crucifix à la main, il animait les combattants à faire leur devoir, lorsqu'un coup de mousquet lui fracassa le bras ; il saisit aussitôt la croix de l'autre main et continua ses vaillantes exhortations. Un boulet l'atteignit alors en pleine poitrine et frappa auprès de lui le capitaine ; les membres dispersés des deux héros furent ensevelis dans les flots. Le P. Bray était âgé de quarante ans et en avait passé onze dans la Compagnie.
Summar. vitse Provinc. flandr.-belg. (Archiv. Rom.}. — Cordar\, Histor. Soc, part. 6*, lib. 9, n. 8.3 seqq., p. 496 seqq. — Imago primi sœculcy lib. 6, p. 822 seqq. — Foley, Records, t. 7, Appendix, p. 23.
XVI OCTOBRE. — P. MARTIN l'hERMITE, 329
- * Le seizième jour d'octobre de l'an 1652, mourut à Douai le P. Martin L'Hermite, d'Armentières. Après avoir fait son noviciat à Rome et sa théologie à Naples, il remplit l'office de pénitencier à Lorette et revint ensuite dans sa Province, où il occupa successivement les chaires de philosophie, de mathématiques et de théologie. C'était un religieux d'une vertu plus éminente encore que sa science. Par sa promptitude à obéir dans les choses les plus difficiles et les plus contraires à la nature, il montrait bien, dit un de ses biographes, qu'il ne recherchait pas ses intérêts, mais ceux de Jésus-Christ. Alors, dit le même auteur, il semblait triompher, tant il mettait de ferveur joyeuse à s'acquitter des ordres de l'obéissance. Non moins ardent était son amour de la prière et de la mortification. Méconnu plus d'une fois et calomnié par les étrangers dans ses intentions et ses actes, au lieu de se plaindre, il se prosternait au pied de son crucifix et là répétait les paroles du divin Maître : Domine, diniitte illis ; non enim sciant quid faciunt (Luc. 23. 34) ; puis appliquant ses lèvres sur les plaies de son Sauveur : Per tua viscera, disait-il encore, per vulnera, ne tribuas illis hoc peccatum. Cette magnanime prière non seulement ramenait le calme dans son âme, mais l'inondait de si douces et si pénétrantes consolations, qu'il aurait désiré, disait-il, être l'objet de nouvelles injustices pour goûter encore ces joies du ciel. Le P. L'Hermite avait souvent demandé, sans l'obtenir, la mission des Indes. Les armées espagnoles et françaises, qui couvraient alors les Flandres, lui fournirent une non moins belle occasion de manifester son zèle. Il allait visiter les soldats dans leurs campements, leur parlait de Dieu, les assistait dans leurs maladies ; A. G. II. — T. II. — 42.
souvent, pour recevoir leurs confessions, il devait s'étendre auprès d'eux sur la terre nue et demeurait ainsi de longues heures. Atteint d'une fièvre maligne dans l'exercice de ce ministère, il mourut très saintement à l'âge de cinquante-six ans, dont il avait passé trente-sept dans la Compagnie.
Litter. ann. Societ., anno 1652, p. 128. — Patrignani, Menol., 16 otlob., p. 116. — Nadasi, Ann. dier., 16» oct., p. 22.5. — Drews, Fasti..., 16* oct., p. 405. — SoTUELLus, Biblioth., p. 586. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 307. — Sumniar. vitœ defunct. Provinc. gall.-belg. (Archiv. Rom.).
* Le seizième jour d'octobre de l'an 1667, mourut au collège de Posen, dont il était Recteur, le P. Sigismond Zaranek, né en Podlachie d'une famille hérétique, mais converti pendant ses études à la foi romaine, et entré dans la Compagnie dès l'âge de seize ans. Ses parents conçurent un tel dépit de le voir sous des livrées si odieuses à leurs yeux, qu'ils allèrent jusqu'à introduire un de leurs domestiques au même noviciat, avec la mission de faire perdre peu à peu au jeune homme le goût de sa vocation et de le ramener dans le monde. Mais la fraude fut découverte et le suborneur honteusement chassé. La famille ne renonça pas pour cela à son projet. Un jour que le novice était à la promenade, elle le fit enlever de force, et mit tout en œuvre pour lui persuader de quitter l'habit de la Compagnie. Le généreux enfant de saint Ignace demeura inébranlable ; et de guerre lasse, on le laissa enfin suivre en paix l'appel de Dieu.
XYI OCTOBRE. — P. SIGISMOND ZARANEK. 331
Le p. Zaranek eut à cœur de se montrer toujours digne d'une vocation qu'il avait achetée au prix de tant d'efforts. Professeur de philosophie et de théologie, Recteur des collèges de Kalisch, de Cracovie et de Posen, il se signala par un grand amour de l'oraison, une tendre charité pour ses inférieurs et tous les membres souffrants de Jésus-Christ. Il mourut à l'âge de cinquante-neuf ans, dont il avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
Summar. vitas defunct, Provînc. Polon. (Archiv. Rom.}.