XX OCTOBRE. — F. JACQUES DE DIEU
forces correspondait d'une manière si visible à la diminution de ses austérités, que l'on crut devoir bientôt l'abandonner entièrement aux inspirations de l'Esprit-Saint.
Toutes les créatures élevaient son âme à Dieu ; quelquefois au milieu même de son travail, il tombait en extase, privé de l'usage de ses sens. Notre-Seigneur semblait alors veiller à ce qu'il n'en résultât aucun inconvénient pour son office. Un jour, raconte le P. Jouvancy, le F. Jacques De Dieu fut ainsi transporté hors de lui-même pendant qu'il était occupé à tirer du vin. Le vin cessa aussitôt de couler, sans qu'il s'en perdît une goutte, jusqu'à ce que le saint Frère fût revenu à lui. Les malades de Bastia étaient dans l'usage de recourir à sa charité, pour toutes leurs infirmités ; il les guérissait avec des remèdes dont la vertu consistait principalement dans ses prières ; mais bien souvent il ne trouvait aucun moyen de dissimuler sa puissance auprès de Dieu. Apercevant un vaisseau qui allait périr sur les écueils, il se jeta subitement à genoux, demandant à Notre-Seigneur la vie de tous les passagers ; au même instant, le navire changea de direction et vint échouer doucement sur le sable de la plage, et comme déposer à terre tous ceux qui le montaient.
JuvENCius, Histor. Societ. Jesu, part. 5^, lib. 25, § 22, p. 897. — Pa- TRiGNANi, Menol. , 13 marzo, p. 93. — Nadasi, Ann. dier. memor., 20* oct., p. 235. — Summar. vitie defunctor. (Archiv. Rom.) — Levens van Broeders Coadj'uteurs, t. 2, p. 726. — Necrolog. Provinc. flandrobelgic. (Archiv. Rom.).
3bO MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE DE GERMANIE. II.
- Le vingtième jour d'octobre de l'an 1655, mourut à Posen en odeur de sainteté le P. Stanislas Woysza, de Lemberg, victime de son dévouement au service des pestiférés. 11 était né si difforme qu'il paraissait un monstre plutôt qu'un homme, et si faible qu'on désespérait de sa vie. Mais déposé aussitôt après son baptême, sur l'autel de saint Stanislas, dont il avait reçu le nom, il fut transformé en un moment et devint brillant de force et de beauté. Cette première grâce fut comme l'origine de sa sainteté. Sa pieuse mère lui fit sucer avec le lait une tendre dévotion pour son bienheureux patron et, à l'âge de seize ans, il porta comme lui dans la Compagnie de Jésus une innocence que le souffle du démon impur, au témoignage de son Maître des novices, n'avait même pas effleurée.
Tous les malheureux, les pauvres, les malades, les prisonniers, les condamnés à mort, semblaient pouvoir, jour et nuit, disposer à leur gré de la personne du P. Woysza. Mais en dehors de ces visites de zèle et de charité, l'homme de Dieu demeurait ordinairement dans son confessionnal, comme un chasseur à l'affût ; et il assurait qu'un grand nombre de pécheurs invétérés, retenus par la honte de faire appeler un confesseur, avaient bien des fois profité de sa présence pour se décharger du poids de leurs crimes. Afin de conserver lui-même son âme plus pure, il recourait trois ou quatre fois chaque semaine au saint tribunal de la pénitence ; et toutes les nuits il payait, par une rude flagellation, ce qu'il appelait ses dettes ainsi que celles des pécheurs, ou des âmes du purgatoire, qui venaient souvent se recommander à son intercession. Un dernier trait, cité par le P. Druzbicki, à qui nous devons ces