‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 210 sur 356 · XXIII OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXIII OCTOBRE

Le vingt-troisième jour d'octobre de l'an 1634, mourut au séminaire anglais de Liège, à l'âge de vingt-trois ans, le Frère Scolastique Rodolphe Russell, ange d'innocence et de piété. Au lit de la mort, il ne se rappelait pas avoir perdu un seul moment, durant ses quatre années de vie religieuse, ni manqué volontairement une seule fois à la résolution de ne parler jamais qu'en vrai religieux, comme sous les yeux de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, pendant le temps des récréations.

Nadasi, Ann. dier. memor.^ 23* octob., p. 240. — Drews, Fasti..., 23» octob., p. 4i4. — FoLEY, Records, t. 7, p. 675. — Oliver, Collections..., p. 183.

* Le vingt-troisième jour d'octobre de l'an 1652, mourut à Nivelles le F. Michel Verhorst, Scolastique, émule des bienheureux Louis de Gonzague et Jean Berchmans, auxquels il avait une très particulière dévotion. Sa mort fut celle d'un prédestiné. La joie dont son âme était inondée se répandit sur tous ceux qui furent

témoins de ses derniers moments. Trois heures avant d'expirer, on l'entendit avec surprise entonner d'une voix animée le Salve Regina. Arrivé à ces mots Et Jesiun henedictiun fructum ventris tui nohis post hoc exillum ostende, il les répéta deux fois d'un accent plein d'une douceur ravissante. Le F. Verhorst s'entretint ensuite avec Notre-Seigneur et la très sainte Vierge avec une effusion et une allégresse de cœur et de visage qui semblaient tenir de l'extase. Et à ses frères étonnés et ravis : Hilarem datorem diligit Deus, dit-il. Puis on le vit coller ses lèvres tour à tour sur son crucifix, son chapelet, son livre des règles, et il rendit le dernier soupir à l'âge de vingt-six ans, dont il avait passé près de dix dans la Compagnie.

Histor. Provinc. flandr.-belgic. {Archiv. Rom.). — Litter. ami. Socîet., ann. 1652, p. 127.

* Le vingt-troisième jour d'octobre de l'an 1654, mourut à Ypres, sa patrie, le P. Olivier Bonaert. Il appartenait à une famille profondément attachée h l'Eglise romaine. A l'âge de dix ans, il était un jour entré par jeu, avec d'autres enfants, dans l'église Saint- Martin où les hérétiques célébraient leur service religieux. Son pjère l'ayant su lui infligea une sévère correction et, pour mettre sa foi à l'abri de tout danger, l'envoya au collège de la Compagnie à Saint-Omer ; salutaire rigueur dont le P. Bonaert rappelait avec reconnaissance le souvenir jusque dans son extrême vieillesse. Sa longue vie dépensée tout entière dans les travaux de l'ensei-

Page 1