‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 254 sur 356 · XIV NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XIV NOVEMBRE

Le quatorzième jour de novembre de l'an 1628, mourut à Nankin le célèbre P. Nicolas Trigault, de Douai, le compagnon et l'historien des premiers apôtres de la Chine, et l'une des plus fermes colonnes de cette belle mission. L'extrême délicatesse de sa santé avait d'abord semblé lui interdire tout espoir d'une si rude carrière. Mais le P. Claude Aquaviva ne crut pas pouvoir résister à l'ardeur de ses désirs. Dès que le fervent religieux eut obtenu cette grâce, si longtemps et si vivement sollicitée, se tenant pour assuré que Dieu lui donnerait les forces nécessaires, il quitta la Belgique à pied, le sac sur le dos, et traversa la France, l'Espagne et le Portugal, pour aller rejoindre à Lisbonne la flotte des Indes, qui devait le transporter à Goa.

Sur les vingt-deux années que le missionnaire vécut encore après son départ, il en consîicra près de la moitié à parcourir trois fois, à travers les mers ou les régions les plus barbares de l'Asie, l'espace qui sépare de l'Europe les extrémités de l'orient. On ne saurait lire sans admiration dans ses lettres les dangers de 'naufrages, de maladies, de pillage et de mort qu'il ne cessa d'affronter pour étendre le royaume de Jésus-Christ. Usé par les travaux

plus que par les années, le P. Trigault expira frappé d'un coup subit, dans le temps même où il faisait son action de grâce à genoux, après avoir célébré le saint Sacrifice. 11 était âgé de cinquante-deux ans et en avait passé trente-quatre dans la Compagnie,

CoRDARA, Histor. Societ.^ part. 6^, lib. 13, n. 229, p. 238. — Sotuellus, Biblioth., p. 636. — Sommervogel, Bibliolh.^ t. 8, p. 237. — L'Abbé Dehaisnes, Yie du P. Trigault, Paris, Casterman, 1864. — Drews, Fasti..., 14^ noi>., p. 446. — Patrignani, Menol., 14 nou., p. 105. — Pfister, Notices biograph. et bibliograph., n. 29.

Le quatorzième jour de novembre, à Lille, l'an 1667, mourut au service des pestiférés le P. Robert Wauranz, de la Province gallo-belge, né à Aire-sur-la-Lys. Son oraison jaculatoire la plus ordinaire était celle-ci : « Seigneur, faites que je meure aujourd'hui ; Domine, da ut hodie inoriar » ! tant il avait pris en dégoût les choses de la terre et désirait uniquement s'unir au souverain bien. En même temps il s'animait par cette pensée à faire toutes ses actions, comme s'il avait dû paraître immédiatement après devant Dieu. Afin de n'être surpris par la mort qu'avec le caractère de la croix, il portait continuellement sur lui quelque rude instrument de pénitence ; la nuit il prenait son repos sur un sac de paille et se levait chaque jour une heure avant la communauté pour faire oraison.

La peste s'étant déclarée à Lille, le P. Wauranz, qui se trouvait alors à Tournai, s'offrit aussitôt à voler au secours des malades,

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