XVI NOVEMBRE. — P. GEORGES VAN DER BOON
n'eût jamais commis aucune faute mortelle ; et il tira des larmes de tous les yeux lorsque, recevant le saint viatique, il pria Notre- Seigneur de lui pardonner toutes ses lâchetés, s'engageant avec un profond sentiment d'humilité, à mieux dépenser pour sa gloire les quelques instants qui lui restaient encore à vivre. Il n'était âgé que de quarante-deux ans.
Litter. ann. Societ., anno 1651, p. 111. — Nadasi, Ann. dier. memor., 16* noc, p. 279. — Drews, Fasd, 16* nov., p. 449. — Ménol. holland., 16 nov.
* Le seizième jour de novembre de l'an 1636, mourut dans la maison professe de Prague le P. Georges Van der Boon, né à Delft en Hollande, de parents hérétiques. Venu de bonne heure en Bohême, il y fut converti par les Pères de la Compagnie et, quelques années après, se joignit à eux. Les fonctions de Ministre et de Procureur se partagèrent presque toute sa vie religieuse. Quand la Bohême se détacha de l'Autriche en 1623, pour former une Province à part, le P. Van der Boon en fut nommé le premier Procureur. C'était la triste époque de la guerre de Trente ans et des invasions suédoises. Deux fois, pendant qu'il était à Prague, les Jésuites furent chassés de Bohême et leurs biens livrés au pillage.
Au milieu de ces calamités, quand les proscrits ne pouvaient plus attendre que de Dieu, semblait-il, les choses nécessaires à la vie, le P. Van der Boon pourvut à tous leurs besoins avec une A. g. II. — T. II. — 56.
sollicitude admirable et un succès qui tenait du prodige. Son protecteur spécial était l'illustre évêque de Noyon, saint Éloi, dont le culte était très répandu à Prague, depuis que le roi de France, Charles V, avait fait présent à cette ville de plusieurs reliques insignes de ce grand serviteur de Dieu. Il recourait à lui dans tous ses embarras et assurait n'avoir jamais vu ses espérances trompées.
Le soin des affaires temporelles n'empêchait point le P. Van der Boon de travailler aussi au salut des ilmes ; sans parler des ministères habituels de la confession et de la visite des malades, il se livrait avec zèle à la conversion des hérétiques ; il en ramena plusieurs centaines à la vraie foi. Il négligeait moins encore sa propre perfection. Nul n'était plus fidèle observateur de la règle et de la vie commune, et plus uni à Dieu. Sa dévotion à la sainte Vierge était si tendre et si active que l'historien de la Province de Bohême a pu écrire de lui qu'il était tout à Marie, ex toto PartJienius. Le P. Van der Boon mourut à l'âge de soixantequatre ans, dont il avait passé quarante dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. % p. 7 ; t. 4, p. 352.