XVII NOVEMBRE. — P. BERNARD BAUHUIS
éloquent prédicateur et religieux de grande vertu. Il avait de si bas sentiments de lui-même, qu'au moment de mourir, non content de s'accuser de toutes ses fautes devant la communauté, il demanda encore avec instances qu'on jetât ses restes sur un fumier, seule sépulture, disait-il, dont il fût digne. A cette humilité de cœur, le P. Bauhuis unissait un ardent amour du renoncement et de la pénitence. Le ministère de la prédication lui coûtait extrêmement, bien qu'il y remportât d'éclatants succès. Cependant, par obéissance et par désir de se vaincre, il ne voulut jamais demander à en être déchargé ; il le remplit jusqu'à la fin avec le même zèle et la même application. Pour attirer la bénédiction de Dieu sur sa parole et se prémunir contre les tentations de la vaine complaisance, c'était sa pratique constante, toutes les fois qu'il montait en chaire, de s'armer d'un rude cilice. Le P. Bauhuis est l'auteur du vers si souvent cité, que les dévots serviteurs de Marie se sont plu à tourner de plus de mille manières différentes pour honorer la très sainte Mère de Dieu :
Tôt tibi sunt dotes, Virgo, quoi sidéra cœlo.
Le P. Bauhuis mourut très saintement à l'âge de quarante-quatre ans, dont il avait passé vingt-six dans la Compagnie.
Histor. domus prof. S. J. Antuerp.^ ad ann. 1619 (Arch. Rom.). — Litter. ann. Provinc. flandr.-belg. {Arch. Rom.}. — Sotuellus, Biblioth.^ p. 119. — SoMMERvoGEL, BibUoth., t. 1, p. 1051,