XXIV NOVEMBRE
* Le vingt-quatrième jour de novembre de l'an 1681, mourut au collège de Braunsberg, pendant sa régence d'humanités, le Frère Scolastique Michel Kraus, d'une merveilleuse pureté de cœur que nulle faute grave ne ternit jamais. Pour la protéger plus sûrement, il la mit sous la protection de la Reine des anges, à laquelle il avait la plus tendre dévotion. Chaque jour, il notait avec beaucoup de soin les actes de renoncement qu'il faisait en l'honneur de cette auguste souveraine, afin d'en former, disait-il, une couronne ou un diadème qu'il lui offrirait, quand il serait près de rendre le dernier soupir. Il avait lu en effet que beaucoup de fidèles serviteurs de Marie avaient pratiqué cette pieuse industrie, et qu'en récompense cette bonne Mère s'était fait voir à leurs regards au moment de la mort. Il espérait que la même faveur ne lui serait pas refusée.
Sa confiance semble ne pas avoir été déçue. Un quart d'heure avant d'expirer, le F. Kraus demanda son précieux livret, et l'élevant vers le ciel, l'offrit à la bienheureuse Vierge avec une ferveur qui se reflétait dans les traits de son visage et l'animation même de sa voix. Après quelques moments de silence, un
doux sourire s'épanouit sur ses lèvres : « Maintenant, dit-il, ô Marie, retirez-vous avec vos vierges : c'est assez demeurer ici ». Puis, s'adressant au Père spirituel qui était auprès de lui : « Je vais mourir, ajouta-t-il, qu'on me lise la mort de quelque saint». On commença le récit des derniers moments du bienheureux Stanislas. Mais dès les premiers mots, le F. Kraus s'envola au ciel. Il était âgé de vingt-sept ans et en avait passé neuf dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Lithuan. (Arch. Rom.).