XXIX NOVEMBRE. — F. ANTOINE LUCZKO
* Le vingt-neuvième jour de novembre de l'an 1699, mourut à Vilna dans la maison de probation le F. Antoine Luczko, novice Scolastique, après cinq mois seulement de vie religieuse. Sa première jeunesse avait été sanctifiée par l'exercice des plus belles vertus. Dès lors, il faisait une heure de méditation chaque jour, s'approchait fréquemment de la sainte table et veillait avec un soin jaloux sur la pureté de son âme. Il avait une dévotion particulière à saint Ignace, à saint François Xavier, au bienheureux Stanislas et se consumait du désir d'entrer dans la Compagnie ; et quand, à force de supplications et de larmes, il eut comme emporté d'assaut le consentement de sa famille, sa joie fut sans bornes. Mais elle faillit être de courte durée.
Son père, ne pouvant plus supporter son absence, chargea un affîdé de l'arracher coûte que coûte au noviciat et de le ramener auprès de lui. La Providence ne permit pas que la coupable tentative réussît. Car le même jour et presque à la même heure, où cet homme arrivait à Vilna et allait frapper à la porte de la maison de la Compagnie, le F. Luczko était saisi d'une fièvre d'abord assez légère et obligé de se rendre à l'infirmerie. Le mal s'aggrava bientôt presque subitement, à la grande surprise des médecins, et le quatrième jour, fortifié par la vertu des sacrements, plein de la joie de mourir enfant de saint Ignace, le F. Luczko, la tête doucement inclinée sur le bras de son Maître des novices, le P. Jean Lucaszewicz, s'endormit dans le baiser du Seigneur.
PoszAKowsKi, Societ. Jesu lithuan., p. 520.