XXVII DÉCEMBRE. — P. ANDRÉ WRITE
dans les visites des malades, il se mettait ordinairement à genoux dans quelque coin de la chambre et, tirant de son sein une petite image de Notre-Seigneur ou de sa sainte Mère, il tenait les yeux fixés sur elle immobile et en silence, dans une douce contemplation. Le F. Biruva vécut quarante-quatre ans dans la Compagnie, à Rome, à Dillingen, à Landsberg; et dans une si longue période, jamais on ne surprit en lui le moindre manquement volontaire aux règles ou le plus léger signe d'affection aux choses terrestres. Dieu sembla vouloir confirmer l'opinion de sainteté dont jouissait son serviteur. Un jour que le F. Biruva était en proie à de très vives souffrances, un des Nôtres, s'étant permis de croire qu'il exagérait ses douleurs, en fut puni dès la nuit suivante. Il se vit subitement assailli à son tour par un mal semblable et n'en fut délivré que lorsqu'il eut reconnu sa faute, et se fut jeté aux genoux du saint Frère pour lui demander pardon et solliciter son crédit auprès de Dieu. Le F. Biruva mourut à l'Age de quatre-vingt-deux ans.
Rader, Bavaria Sancta, p. 157. — Flotto, Histor. Provinc. German. Superior., t. 3, decad. 7, n. 660, p. 287. — Patuignani, Menol.^ 27 die, p. 220. — BiDERMANN, apud Patrignani, l. c. — Nadasf, Ann. dier. mentor., 27a dec, p. 346. — Nieremberg, Varones (lustres, nouv. édit.^ t. 6, p. 42. — Guidée, Ménol, 27 déc, p. 412.
Le vingt-septième jour de décembre de l'an 1656, mourut dans un château du comté de Hauts en Angleterre le P. André White, fondateur et premier apôtre des missions anglaises du Maryland.
Pendant dix années entières, il se dépensa tout entier pour le salut des pauvres sauvages errants sur les rives du Potomac, et des compagnons de lord Baltimore, qui formaient le premier noyau de la colonie. Les exhortations, la charité et les miracles du P. White, eurent bientôt gagné le cœur des Indiens à Jésus-Christ. Le 5 juillet 1640, il baptisait solennellement avec sa famille le grand chef des Piscataway, bientôt suivi de presque toute la tribu. Mais à la nouvelle de ses conquêtes, les Anglais hérétiques de la Virginie entreprirent, dit un historien protestant, « la sainte œuvre d'exterminer les abominations du papisme dans le Maryland ». Le P. White, tombé entre leurs mains, fut conduit chargé de chaînes en Angleterre, et put se flatter quelque temps de l'espérance du martyre ; mais il avait déjà près de soixante-dix ans, et ses juges se contentèrent de l'envoyer en exil. Comme il ne retranchait rien dans sa prison de ses austérités et en particulier des jeûnes très rigoureux qu'il observait au moins deux fois chaque semaine, le geôlier lui dit un jour : « Vous devriez bien ne pas vous traiter si mal, pour avoir au moins la force de paraître honorablement sur le gibet de Tyburn. — Au contraire, répondit l'homme de Dieu, c'est précisément le jeûne qui me donne la force de souffrir pour l'amour du Seigneur Jésus ».
Réduit à une extrême faiblesse qui ne lui permettait même plus de se tenir debout, le saint vieillard semblait, dans les dernières années de sa vie, près à chaque moment de rendre l'âme ; cependant instruit par Dieu même du temps de sa mort, il se contentait de dire à ses frères : « Soyez sans inquiétude ; nondum venit hora mea ». Mais enfin, l'an 1656, pendant qu'il était en oraison, le matin de la fête de saint Jean, il entendit tout à coup ces paroles :