XXIV JUILLET
* Le vingt-quatrième jour de juillet de l'an 1635, à Bergues, mourut le P. Jean Batenus, religieux, dit l'historien du collège, d'une perfection accomplie. Il passa trente ans dans ce collège, occupé au ministère des missions, et soutint des fatigues presque au-dessus des forces humaines. Les pauvres étaient l'objet de ses préférences : il était lui-même rigide observateur de la pauvreté. Il ne prêchait jamais sans mêler dans ses discours les louanges de la Bienheureuse Vierge, ou sans raconter quelque trait de la miséricordieuse puissance de cette bonne Mère : aussi le peuple l'avait-il surnommé dans son langage familier le Père de Notre- Dame. On ne vit pas une seule fois le P. Batenus transgresser volontairement la moindre de nos règles. Il était très adonné au recueillement et à la prière ; et quand ses travaux apostoliques le lui permettaient, il assistait, du haut de la tribune, à toutes les messes qui se célébraient dans notre église. Ce saint homme mourut à l'âge de soixante-cinq ans.
Histor. coUeg. Winoci-Bergensis S. J. (Notes du P. de Guilhehmy, Archiv. dont.).
* Le vingt-quatrième jour de juillet de l'an 1671, mourut à Londres le P. Emmanuel Lobb, plus connu sous le nom de Joseph Si- MEONS, né à Portsmouth de parents hérétiques. Il fut converti par le P. Flo3'd à Lisbonne, où il était allé pour apprendre le portugais, en vue d'une carrière commerciale. Ses pensées changèrent alors et se tournèrent vers le sacerdoce et la vie religieuse. Il fit ses études aux collèges anglais de Saint-Omer et de Rome, et entra dans la Compagnie à Liège. Ses éminentes vertus, sa prudence, son zèle des âmes et son grand savoir assignent au P. Simeons une place de choix parmi les hommes les plus remarquables de la Province d'Angleterre. Il enseigna tour à tour la littérature et les hautes sciences à Saint-Omer et à Liège, gouverna le collège de Liège et celui de Rome, fut Instructeur des Pères de troisième probation et enfin Provincial.
C'est alors que le duc d'York, plus tard roi d'Angleterre sous le nom de Jacques II, attiré par la réputation de savoir et de vertu du religieux, s'ouvrit à lui de son intention de se faire catholique; mais il désirait dissimuler encore quelque temps ; les plus graves intérêts de l'état et de la religion elle-même, disait-il, lui semblaient une raison suffisante d'autoriser cette conduite; et d'ailleurs, ajoutait-il, le Souverain Pontife pourrait lui donner les dispenses nécessaires. Le P. Simeons réfuta respectueusement mais invinciblement les propositions du prince, disant qu'il n'est permis en aucun cas de faire le mal pour obtenir un bien et que le Souverain Pontife ne peut rien pour affranchir de cette loi. En effet une lettre du Pape au duc d'York, qui l'avait interrogé, confirma peu de temps après cette réponse.