‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 45 sur 356 · XXVI JUILLET · texte numérisé non relu

XXVI JUILLET

* Le vingt-sixième jour de juillet de l'an 16bO, mourut dans le pays de Galles en Angleteri-e le P. Nicolas Hart, deux fois emprisonné pour la cause de l'Eglise de Jésus-Christ. Bien qu'il fût né de parents hérétiques, il avait eu, jusqu'à l'âge de seize ou dixsept ans, des habitudes de piété et de vertu. Mais alors, comme il le raconte lui-même, étant allé à Londres pour y fréquenter les écoles publiques, il se lia avec des jeunes gens de vie dissolue €t ne tarda pas à leur devenir semblable. Gomme autrefois saint Augustin, il se glorifiait de ses désordres et ne voulait ignorer aucun mal. Cependant il n'avait pas étouffé la voix de ses remords, et souvent on aurait pu l'entendre s'écrier : « 0 mon Dieu ! après avoir été tenu pour un saint dans ma jeunesse, faut-il que je devienne un démon » ! Cet axiome revenait aussi fréquemment à sa pensée : « Nulla salus extra Ecclesiam^ point de salut hors de l'Eglise ».

Il se le rappela plus vivement un jour qu'il était sur le point d'en yçnir aux mains avec quelques jeunes gens pour vider une querelle. Pour parer, croyait-il, à toutes les éventualités, il alla trouver un religieux de l'Ordre de saint François qui était en prison, labjura l'hérésie entre ses mains et se fit catholique. Mais cette

conversion arrachée par la crainte de la mort fut de courte durée. Nicolas Hart reprit bientôt sa vie de plaisirs, et une maladie dangereuse ne put même le décider à revenir pleinement à Dieu. La grâce divine ne laissait pas de le poursuivre de ses douces et fortes inspirations, et le prodigue se rendit enfin. 11 se confessa au même religieux qui avait reçu son abjuration et, pour réparer en quelque manière ses égarements passés, résolut de quitter le monde et d'embrasser la pratique des conseils évangéliques. Le noble courage déployé par le P. Jean Gérard au milieu des tortures et devant les tribunaux, lui fit choisir la Compagnie de Jésus. L'occasion de rendre lui-même témoignage à la foi ne tarda pas à se présenter.

La découverte du prétendu complot des poudres avait provoqué en Angleterre une recrudescence de rigueur contre les catholiques. Le P. Nicolas Hart fut arrêté avec le P. Jean Percy ou Fisher, conduit à Londres comme en triomphe par ses ennemis fiers de leur capture, et jeté dans la prison de Gatehouse ; mais après une année de captivité, il en fut tiré à la requête de l'ambassadeur d'Espagne et envo3'é en exil. Le zèle des âmes ne tarda pas à le ramener dans son pays; il y reprit ses travaux avec une ardeur et une intrépidité nouvelles. Il tressaillait de joie à la pensée qu'il verserait peut-être son sang sur l'échafaud. Ses espérances ne furent pas réalisées. Arrêté et emprisonné de nouveau quatre ans avant sa mort, il fut encore une fois remis en liberté. Les épreuves auxquelles il avait plu à la Providence de le soumettre ne laissaient pas de le remplir de la plus douce consolation. Ses historiens nous disent que chaque jour, aux deux heures qu'il consacrait à l'oraison, il ajoutait une autre demi-heure pour remercier Dieu de

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