‹ Ménologe de la Compagnie de JésusChapitre 48 sur 356 · XXVII JUILLET. P. GUILLAUME LÉON · texte numérisé non relu

XXVII JUILLET. P. GUILLAUME LÉON

se toute avérée entre les catholiques d'Utrecht, que l'on accourt à la foule à son tombeau pour obtenir par les mérites d'iceluy diverses grâces de Dieu, lequel exauce ces prières et fait esclater de jour en jour par des guérisons miraculeuses la mémoire et renommée du P, Guillaume Léon ».

Necrolog. Provinc. flandro-belgic. (Arch. Rom.). — Juvencius, Histor. SocieL, part. S", lib. 17, n. 21, p. 415. — Litterœ ann. Societ.., anno 1612, p. 390. — d'Oultrem.vn, Tableaux des personnages signalez..., p. 332 et suiv. — Patrignani, Menol., 27 lugl., p. 213. — N.vdasi, Ann. dier. mentor., 27^ jul., p. 52. — Menol. holland., 11 juill.

* Le vingt-septième jour de juillet de l'an 1637, mourut au collège anglais de Rome le P. Jean Gérard, né dans le comté de Derby d'une noble famille catholique, qui avait souffert persécution pour sa foi et son attachement à l'infortunée reine Marie Stuart. Il fut reçu dans la Compagnie à Rome le 15 août 1588, par le P. Claude Aquaviva, le même jour que le Vénérable P. Edouard Oldcorne, victime destinée au martyre ; et bientôt après il reprit avec son compagnon le chemin de son pays. Dix-huit années entières, il travailla dans la mission, au milieu de dangers et de souffrances inouïes, fortifiant les catholiques, et faisant des conquêtes sur l'hérésie jusque dans la cour d'Elisabeth. « Il est impossible, dit un de ses biographes, de lire le récit qu'il a fait par ordre de ses supérieurs, De rebits a se in Anglia gestis, sans être touché jusqu'au fond de l'âme, sans admirer sa patience et son zèle, son tact, sa prudence, son ingénieuse charité, son amour de la croix et sa ten-

dre piété. La distinction du parfait g-entilhomme et la sainteté du religieux se révèlent également partout. Il se faisait tout à tous, pour gagner toutes les âmes à Jésus-Christ ».

Arrêté sur la dénonciation d'un serviteur infidèle, le P. Gérard fut traîné de prison en prison et jeté enfin dans la Tour de Londres. Il y fut soumis à des tortures d'une cruauté inouïe, sans que sa constance fléchît un instant, sans qu'on lui arrachât une parole qui trahît le secret de la retraite des autres missionnaires ; puis avec une audace incroyable, soutenue par sa confiance en Dieu et le concours de quelques catholiques dévoués, il s'évada de sa prison et reprit ses ministères apostoliques. La découverte de la soi-disant conspiration des poudres, dans laquelle ses ennemis essayèrent de Tenvelopper avec plusieurs de ses frères, entr'autres les PP. Garnett et Oldcorne, l'obligea de s'exiler encore une fois pour ne pas compromettre ceux qui lui donnaient asile. Après mille dangers, il parvint à s'embarquer le 3 mai 1606, le jour même où le P. Menri Garnett, supérieur des Jésuites d'Angleterre, montait sur l'échafaud.

Le P. Gérard se rendit à Rome et remplit les fonctions de pénitencier dans la basilique vaticane ; puis il fut envoyé en Belgique, où, grâce au concours de plusieurs catholiques ses compatriotes et du duc Maximilien de Bavière, il fonda le collège anglais de Liège et en fut le premier Recteur. Les supérieurs le rappelèrent encore une fois à Rome, et c'est là, dans l'enceinte du collège de sa nation, que le vaillant athlète passa les dix dernières années de sa vie, donnant à la jeunesse qui s'y préparait par l'étude et la prière aux luttes contre l'erreur, des leçons de perfection en même temps que de zèle et d'inébranlable constance à soutenir les

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