VI AOUT
Le sixième jour d'août nous rappelle le souvenir du P. Philippe De Noyelle, d'une noble famille d'Arras, mort à Tournai, l'an 1628, victime de sa charité au service des pestiférés. Le P. de Noyelle, âgé seulement de trente-huit ans, dirigeait la grande congrégation de Notre-Dame à Tournai, lorsqu'il obtint de s'exposer le premier de tous à la mort pour le salut de son prochain. Le jour où il descendit dans cette glorieuse arène, le peuple, le conseil et les magistrats de la ville voulurent assister à la messe qu'il célébra solennellement dans notre église ; puis ils le conduisirent au quartier destiné aux malades, et où l'évêque le reçut en l'embrassant tendrement.
Le P. de Noyelle se mit aussitôt à parcourir les maisons envahies par le fléau, heureux d'exposer une vie qu'il avait toujours désiré perdre dans les flammes ou sous la hache, pour le salut des idolâtres ; mais non moins heureux, disait-il, de porter partout avec lui, pour ses chers malades, le corps adorable du Sauveur. Il aimait à le presser sur son cœur et répétait souvent à son compagnon : « 0 mon cher Frère, pensons-nous à celui que nous avons le bonheur de porter, et à ces milliers d'anges qui